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Un anniversaire complètement « Fou »

Samedi 17 mai 2025.

15 mai. Je peux toujours tenter une inversion de chiffres pour tromper mon monde mais ce n’est guère réaliste, donc, je me résigne à fêter la date dans l’ordre de la roue assassine. Pour cette occasion, ma géronte (comme les Oulipiens, nous respectons le mot interdit …) amie m’entraîne dans une escapade surprise. Nous voilà de nouveau sur la route, pour ma part, les yeux rivés sur son « Waze » chéri. Direction Bressuire. Tiens ? On s’éloigne d’hypothétiques châteaux de Loire. Nous sillonnons le bocage en devisant sur la vie qui file comme une comète dans un ciel d’août. Nantes ? Non, nous tournons le dos aux prisons chantées. Tiens ? Les Herbiers, le Fief (très à propos finalement) de la société qui fournissait l’école en papeterie … Ma conductrice s’amuse car je n’ai pas remarqué le panneau routier indicateur de notre destination. La mer ? Pas la route. Puis, au détour, d’un rond-point, sur le panneau, la trace couleur c61617, reconnaissable, semble-t-il, entre toutes. Je m’exclame, Corinne se marre. Jamais, au grand jamais, je n’avais pensé, me rendre, un jour, en ce lieu, mythique et sans doute un brin sacré pour les uns, définitivement prosélyte et dans une vision historique manquant singulièrement de Méthode pour les autres, les autres m’allant mieux que les uns

Il est vrai que des croix, icônes sacrées, on en zieute, sur les tours de bois, en étendard, sur les costumes religieux, sur le cœur, partout.

Il est vrai que du sermon (chrétien, que dis-je catholique !), on nous en serine.

Ah ! Le pauvre François Athanase Charette de la Contrie, vaillant pourfendeur des Anglais en Amérique ou des corsaires ailleurs, aux ordres pourtant pas toujours très catholiques lors de cette guerre si chère aux cœurs vendéens restés figés dans un passé plus blanc que blanc, misérablement exécuté par les affreux Républicains.

Ah ! Ces paisibles Francs dont rien ne saurait briser la quiétude, soudain attaqués par les hideux Vikings surgis de nulle part, mais, miraculeusement ( au sens propre) sauvés du sac ultime.

Et ces héroïques Gaulois, bravant les sénateurs romains, il est vrai déjà sur la pente, dans des jeux dantesques (que les cœurs rouges se rassurent, de Dante pas de Danton …).

Etc … Etc .. Le Grand Parc, à la gloire de Dieu, du Roi et de la très pieuse sinon sainte Famille ! Hallucinations historiques garanties !

Bref. Une fois toutes ces considérations politico-religieuses bien assimilées, place au spectacle !

Nous piétinons vers les sites de spectacles à horaires fixes dans une marée humaine. De toute ma vie, je n’ai jamais vu une telle masse humaine en mouvement ou à l’arrêt, en attente de l’heure dite. Impressionnant.

Nous sommes totalement emportées par les effets spéciaux dont certains assez extraordinaires, les cascades, les musiques et les voix, les costumes, les danses, les lumières, les hologrammes, les ballets animaliers, les combats. C’est vraiment magique, renversant même. Nous modifions sans cesse notre top trois des spectacles préférés pour finir, après deux jours de déambulations artistiques, sur un consensus amical :

1 : « Le Mime et l’Etoile ». Pour sa poésie, ses effets spéciaux merveilleux et notamment l’illusion du noir et blanc et du travelling permanent, son scénario. Féerique. Sans surprise, meilleur spectacle du monde en 2023.

2 : « Le Dernier Panache ». Les tragiques mésaventures du Sieur Charette, savamment orchestrées dans une magnifique débauche d’effets spéciaux dont le plateau spectateurs effectuant des rotations pour suivre la narration, non sans rappeler certaines animations du Futuroscope. C’est bluffant.

3 : « Les Vikings ». Spectacle en extérieur, avec l’apparition d’un drakkar tout droit surgi des eaux, avec, plantés sur ses ponts, de féroces barbares dont on se demande par quel procédé ils respiraient sous l’eau. Des combats impressionnants pour une repentance finale. Émotions fortes garanties.

Je dois avouer humblement et non sans surprise que les deux jours de découvertes, plus folles les unes que les autres, ont été réjouissants.

Et, comme il y a des coutumes, non médiévales ni validées par les historiens, qui se doivent d’être respectées, nous voilà attablées devant deux blondes fraîches et mousseuses, heureuses comme deux « Ravies de la Crèche (faut l’oser …), ponctuant cette aventure vendéenne d’une trêve dans une sympathique villégiature au doux nom de « Choupisson ». Choupisson, le mot nous amuse. Petit du hérisson. C’est tout de même plus mignon que hérissonneau, non ? Nous devisons, entre deux gorgées, sur les noms en -on, mais pas tous …

Un anniversaire complètement « Fou », en somme !

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