Le loukoum
Le soleil printanier joue à cache cache avec mon humeur. Déprime du mardi nuageux et bruineux. Je veux du soleil ! Je veux de la douceur !
Hier pourtant, la vie était belle. J’avais, couru (indoor) mes 45 min quotidiennes, réalisé des prises de vues sûrement sensationnelles …, enfourché crânement mon vélo musculaire pour rejoindre mes camarades de l’atelier photo. Le cours de photo, justement, trois heures hebdomadaires de découvertes artistiques, d’essais de tirages (à ne surtout pas confondre avec la retouche, dixit David et aussi Kate Middleton depuis quelques jours …) et de rires. J’ignorais, jusqu’à hier soir, les nombreuses subtilités à prendre en compte dans le choix d’un papier photo : gloss/mat (ça, si je connais), texture, grammage, degré de soie, argentique baryté, contraste, satinage, ton, résolution, scintillement, perlage, velours, … Univers papetier sidérant de diversité offrant de réels effets esthétiques sur les tirages. J’en savais donc plus en sortant du cours qu’en y entrant. Je me tortille dans ma caverne photographique !
Le jaune des fleurs simplettes du forsythia ne me console pas. L’escalade des tiges feuillues de la clématite sur la structure métallique ne me réchauffe pas. Les pousses, nouvelles nées de mes citrus, ne me réjouissent pas. Les fins brins érigés des jeunes poireaux perpétuels ne me tentent pas. Pas plus que la ciboule en reconquête du potager. Aïe ! « reconquête », ce ne serait pas un gros mot désormais ?
Soudain, un loukoum traverse mon esprit chagrin ! Du sucre ! Du sucre, 100 % sucre au goût sirupeux. Vais-je déroger aux préceptes de ma religion alimentaire ? Pas de viande, pas de sucre, pas de graisse animale, pas de … pas de … pas de … Une bière opportune à déguster avec des amis, si, tout de même !
Je fonce vers la boîte oubliée, comme en manque, attrape un cube vert poudré de blanche autorisée et l’enfourne voracement dans ma bouche avide de douceur et de satisfaction. Oh ! La ! La ! On croirait un ramassis de mots jetés aigrement sur la page par une frustrée.
Je suis damnée. J’ai englouti un cube à la menthe qui me glace les papilles. Le froid mentholé me désappointe et me renvoie à ma déprime du mardi. Quelle poisse !
J’ai mangé du sucre, je suis punie.
Oui, mais demain, demain, Météo France annonce du soleil et 16 degrés au-dessus de ma tête. Du soleil ! Du soleil ! Comme dans la chanson, J’veux du Soleil !

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5 jours
Tagged"blog de retraitée", "Choses vues 1847-1848", littérature, opinion, Victor HUGO