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Le chien

Retour, non pas à Howards End, mais en terre périgourdine pour y œuvrer comme grannie nounou auprès de mes petits enfants et … du chien.

Le chien, Border Collie, origine britannique, poils mi-longs, gabarit moyen, joueur, sportif, aboyeur, affectueux et paralysé du train arrière, queue comprise, dans un banal et toujours stupide accident de voiture. S’il est aisé de m’occuper de ma descendance, autonome et marchante, il n’en est point de même … du chien. Je loue sans réserve la dévotion de ma fille, grande amatrice devant l’Eternel de quadrupèdes en tout genre (chien, chat, cheval). « Mon Dieu » ! Quelle patience ! Je passe sur les sommes astronomiques dépensées pour la survie de l’animal et son très hypothétique complet rétablissement … opération, ostéopathie, balnéothérapie (si ! si ! tout cela est véridique), chariot roulant, alèses … La liste n’est pas exhaustive.

Je suis si maladroite pour harnacher le chien dans son chariot roulant que ma descendance doit voler à mon secours. C’est pitoyable.

Donc, je,

– promène le chien en rase campagne de la si touristique Vallée de la Vézère,

– nettoie l’urine, régulièrement et généreusement répandue sur le carrelage,

– ramasse les déjections, également régulièrement et généreusement répandues sur le carrelage, fort heureusement bien moulées,

– babille devant la truffe toujours alerte,

– nourrit l’infortunée créature.

Bref, je remplis mon devoir de dog-sitter. Devoir que je ne saurai qualifier de dévot. C’est mal, j’en conviens.

Et je n’en oublie pas pour autant, l’école, le collège, le foot et le poney club.

Peu à peu, une hideuse petite musique s’insinue sous mon crâne. Je pense à mes artères cérébrales en collier de perles (maladie rare, fort heureusement pour les autres) et à la possibilité, non pas d’une île, mais d’un AVC. Et si c’était moi en lieu et place du Border Collie ? « Mon Dieu » ! Quelle horreur ! Je me souviens soudainement de mes directives anticipées, rédigées pendant la récente saga des examens médicaux. Ouf ! Ma chère fille, comme dans une languissante prière, je t’en supplie, retiens ces mots : EUTHANASIE, CRÉMATION.

Au fait, le chien est une chienne …

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