Marches lochoises
Week-end rando en forêt de Loches. Froid et soleil réconfortant nous accompagnent. Pas peu fière d’avoir battu mon record personnel de km parcourus : 15,47 km samedi et 11,83 km dimanche. Quand même ! Oui, oui, quand même !
Ce matin, j’écris et j’écoute « Comment devenir centenaire en bonne santé ? » podcast qui me fait envisager d’un œil neuf la longueur de mes télomères après tous ces kilomètres avalés d’un pas résolu. Aïe, l’image des bières et du restaurant s’incruste avec malveillance dans l‘inespérée perspective.
Les trésors de cette magnifique forêt automnale nous émerveillent. Corinne la sportive (puisque 12540 Corinne sont nées en 1963, nommer mon amie me semble finalement permis) ouvre la marche. Nous sillonnons les majestueuses allées forestières bordées de feuillus, déjà dégarnis, mais encore ornés de flamboyants jaunes, orangés et rouges équinoxiaux. Des chapeaux émergent des tapis craquants et mordorés. L’œil expert de Corinne, repère les cèpes tandis que le mien, piètre apprenti, se rabat sur les vesses et autres médiocrités fongiques. Nous nous exclamons devant un splendide quatuor d’amanites tue-mouches. L’éclatant vermillon nous ravit comme deux gamines penchées sur une iconographie de conte de fées. Le manteau caméléon du cèpe est bien regrettable. Pourquoi n’est-il pas rouge ? Nous décidons que cette découverte sera le clou de nos pérégrinations lochoises.
Plus loin, un cor nous surprend. Tiens, mais aucune chasse à courre n’était prévue, ce week-end, en forêt de Loches ? Un chien de meute égaré nous file silencieusement entre les jambes. Dubitatives, nous poursuivons la marche. Le bruit des cors s’éloigne …
Brusquement, les sonneurs de trompes débouchent dans notre allée. Précédés d’une meute muette, quatre cavaliers nous dépassent non sans nous avoir aristocratiquement saluées. Le cheveu gris coupé ras, le regard déterminé, la mise avantageuse et la fière allure équestre de ces hérauts de la vénerie nous font très forte impression et détrônent instantanément les amanites ! Oh, Quel week-end ! La chasse à courre, pourtant honnie, revêt dans cette allée un singulier attrait. Mes convictions momentanément oubliées au passage des bellâtres, j’en conviens, c’est vilain …
Je mitraille l’automne pour en capter son essence. Difficile exercice avec mon compact numérique hors d’âge … Ce soir, premier atelier photo à l’école des Beaux-Arts de Grand Poitiers. Je saurai si mes modestes clichés trouvent grâce aux yeux du prof.
L’escapade tourangelle prend fin sous le soleil dominical. Sur la route du retour, notre infatigable babillage emplit l’habitacle.
Une poêlée de cèpes nous attend …

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7 jours
Tagged"blog de retraitée", "Choses vues 1847-1848", littérature, opinion, Victor HUGO