Déclic
Deuxième séance à l’atelier photo adultes de l’école des Beaux-Arts de Grand Poitiers. J’en rêvais depuis des années sans jamais avoir eu ni le temps ni l’énergie de me lancer.
Au détour d’une conversation avec une amie, elle-même adepte du violon et du chant au conservatoire, celle-ci m’informe que les cours adultes de l’école ont lieu dans ma commune à deux pas de chez moi. Bien que l’année soit entamée, David, le professeur, m’accepte dans son cours de photographie.
Je me suis toujours convaincue que j’étais une photographe passionnée, voire experte de la belle photo … La blague ! Les milliers de clichés pris au cours de mes voyages autour de la planète et partagés avec mes ami(e)s extasié(e)s par tant de beautés m’ont trompée. En vérité, je suis une ignorante. Un cours a suffi à me remettre à ma place. Et, j’ai toujours pensé que le point de vue photographique primait sur tout. Je déchante. David abreuve le petit groupe de connaissances techniques pointues, de références artistiques et de montages studio qui me donnent le vertige. Je reste stoïque mais mesure le fossé entre mes ridicules croyances et la réalité de l’art photographique.
Hier soir, cours de 18h à 21h. Je décide vaillamment de m’y rendre à vélo. Vent de pleine face, 55 km en rafales, annoncés par Météo France. Je confirme. Je pédale durement vers la connaissance. Mon éclairage avant ne fonctionne pas. Zut, un vélo quasi neuf ! Misère ! J’ignorais tout simplement qu’il y avait un bouton d’allumage. Mon degré de « nunucherie » dépasse souvent l’entendement …
Depuis que je suis inscrite à l’atelier d’anglais de l’UIA, j’ai pris conscience du puissant attrait des cours pour le seul plaisir d’apprendre. Apprendre pour soi, sans contrainte du « A quoi cela va servir ? ». Pur bonheur ! Je me revois enfant puis adolescente, sur les bancs de l’école et du collège. Que d’ennui ! Que de temps étiré ! Et pourtant, j’étais bonne élève, une fille bien dans le moule scolaire. Dans ma mémoire, seules mes années lycée ont échappé à ce mortel ennui généré par l’apprendre pour les autres, pour l’avenir. Je pense au calvaire pédagogique des élèves en difficulté sur les bancs de l’institution.
Bref.
Apporter douze clichés pour le cours, c’est la consigne hebdomadaire. David les commente tour à tour. Impitoyable ! David est impitoyable ! J’observe les clichés de mes camarades tandis que notre bourreau les passe à la moulinette de la technique photographique. Déjà 21H, pas le temps de commenter les miens. La trouille jubilatoire de la moulinette s’envole. OUF !!! J’ai toute la semaine pour tenter de dépasser le stade de la nullité.

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19 heures
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