Sommeil
Je dors. Je dors beaucoup.
Je dors profondément (pression artérielle mesurée à 108/45 pour une norme inférieure à 120/70 …), 10 à 11h par nuit dans la chaleur du lit et de la couette.
A la retraite, plus de réveil quotidien à 5h30. Liberté d’activer ou de désactiver l’alarme. On pourrait presque croire qu’il s’agit d’une liberté définitive.
Je dors. Sommeil réparateur et ralentisseur de vieillissement. Comme une hibernation chronique.
Je dors. Je dors sans fermer les volets pour m’éveiller avec la lumière du jour et, par chance, parfois avec les rais de soleil automnal traversant mollement les rideaux. Le soleil, signal qu’il ne faut pas rater ces courts moments de luminosité. Levée d’un bond pour tirer ces rideaux qui filtrent la flamme matinale, mais quand même tard.
L’alarme est réglée sur 9H, comme un tressaillement vital. Mon bras se tend systématiquement et invariablement vers la sonnerie pour lui fermer son clapet. Gâchis.
Je dors, et la matinée est fichue. Trop tard pour petit-déjeuner, trop tard pour marcher ou pédaler, trop tard pour sortir. Trop tard pour tout.
Je dors. Je dors et je perds ma vie. Comme un refus de demain.
Sommeil. Repos absolu ou neurasthénie.
Sommeil. Ressourcement neuronal ou spleen baudelairien.
Sommeil. Léthargie nécessaire ou renoncement.
12H06. Ce trait de caractère intime, refoulé, abhorré, éclate dans la lumière équinoxiale. PROCRASTINATION.

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5 heures
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