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Felis catus

Dimanche 2 août 2026.

L’été est déjà foutu.

Même à la retraite (oh ! que je déteste ce mot !), l’été est la période du farniente, de la liberté encore augmentée, de la paresse, des récoltes de tomates, du réveil qui ne sonne pas, des escapades familiales, …

Mais voilà, l’été avait déjà été gâté par des moissons précoces bien amères.

L’affreux Toto à la mèche tintinesque et au teint orange mécanique, avec sa guerre absurde contre l’Iran, nous bassinait les oreilles de pseudos discours imbéciles, insultants ou totalement vides, et vice et versa puisque qu’il change de tactique (aucune intelligence pour la stratégie) en permanence, au gré de son humeur sénile. Toto est d’ailleurs désormais quasi cantonné à de maigres entrefilets dans l’actualité internationale. Et cette guerre, coûteuse pour tous, et dont personne ne trouve l’issue, assombrit l’été plus sûrement qu’une nuée de sauterelles affamées.

Le trop vieil ours ratatiné des steppes glacées et inhospitalières ne lâchait pas non plus son os ukrainien bien qu’il s’y soit cassé les dents. Les missiles pleuvent toujours massivement sur l’innocence comme on aimerait qu’il pleuve vraiment sur les pieds de tomates.

Même l’avenir est incertain. Au revoir le voyage envisagé en février 2027 ; Rwanda et Bwindi avec mon artiste graffeur en herbe préféré. Hors de question de prendre le moindre risque, les frontières sont communes et poreuses. Ebola en embuscade. La poisse.

Pourtant, cette chaleur estivale, que je l’aime, que je l’aime, à la « Johnny », « virilement », enfin, euh …, passionnément. Mais non, les canicules successives ont tout compromis. Exit les roses fanées en bouton. Exit les mûres séchées sur tige. Exit les groseilles tombées de peur, Exit les fleurs de clématite grillées sur le barbecue d’un dieu olympien vengeur puisque c’est aussi la saison mythologique. Exit les belles tomates juteuses rabougries sous leurs feuilles mortes. Vite, des oyas de fortune pour sauver ce qui peut l’être encore.

Quoi ??? A peine rentrée du séjour familial auprès de ma descendance, j’apprends que la ligne TER Montmorillon-Limoges va être interrompue pendant un an pour des travaux sur voies à partir d’août. Je me rue, façon numérique, voyager, billet de train, réserver votre destination, Brive, arrivée, départ, Poitiers, voir les prix, 5 h 03, 2 correspondances, Bus Montmorillon-Limoges, 5 h 38, 1 correspondance, Châteauroux, 4 h 45, autocar REMI, Argenton-sur-creuse, 5 h 54, 2 correspondances, Libourne, 5 h 39, 2 correspondances, Saint-Pierre-des-Corps, Vierzon, …, … Ma tête ! J’ai mal !

Mon été mental semblait déjà complètement fichu.

Mais, c’était sans compter felis catus. Felis catus horribilis !

Mes nouveaux voisins ont un chat que je rêve d’étriper toutes les nuits. TOUTES LES NUITS. Toutes les nuits de cet été que les canicules précoces annonçaient perturbé, le chat escalade le mur mitoyen de deux mètres de hauteur, le chat saute sur la toiture, exactement au-dessus de ma chambre, le chat passe de toiture décrochée en toiture décrochée, le chat saute du toit sur ma terrasse en bois, le chat saute du mur sur ma table en métal. Et comme dans un mauvais « Brel », ça ne fait pas de « SLURP », MAIS, ça fait des « BOUM », ça fait des « CLAC », ça fait des « DJOUING ». Toutes les nuits. TOUTES LES NUITS.

Comment ne pas dormir les fenêtres ouvertes par un été de chaleur torride ? Comment ?

Ce n’est plus du farniente, c’est du bagne. Ce n’est plus de la paresse, c’est le Tartare (mythologique, pas de bœuf).

Ce felis catus n’allait tout de même pas ficher en l’air ce qui reste de la suavité de mon été !

Hier soir, vers minuit, j’ai pris les choses en main quand j’ai entendu l’affreux « BOUM ». Je suis sortie dans le jardinet, mon téléphone transformé en torche lumineuse. Il était là sur mon toit de chambre, assis, ce « Raminagrobis » de bazar, ce « Grippeminaud* », mauvais apôtre.

La mémoire est étrange, me revient soudain en tête la fable de Jean De La Fontaine « Le chat, la belette et le petit lapin* », apprise en sixième avec une prof de Français, à travers mes yeux d’enfant, belle et charismatique.

Donc, « sa majesté fourrée* » me toise et ses pupilles luisent diaboliquement dans le faible faisceau lumineux. Il est assis. Il ne bouge pas d’un poil. Tu l’auras voulu, satané suppôt d’enfer ! Je cours à la cuisine, emplis un verre d’eau, momentanément désolée pour la planète, reviens en courant dans le jardin et balance mon projectile aqueux en hauteur en visant du mieux possible. La bête s’enfuit et saute de l’autre côté du mur dans un grand « DJOUING » métallique. Non, mais !

Je reste malgré tout prudente, je change ensuite de chambre, d’étage et de côté de maison pour finalement passer une nouvelle mauvaise nuit dans une pièce surchauffée, non aérée depuis un moment.

Mon été est, définitivement, déjà, foutu.

* Le chat, la belette et le petit lapin, de Jean De La Fontaine. 1678.

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