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Semoule au lait

J’ai lu quelque part que les fruits étaient mieux assimilés pris avant les repas ou au tout début. Pas de fermentation alcoolique inutile en pôle position sur le toboggan digestif.

Ainsi, je prends le temps, oui j’ai du temps à la retraite, d’appliquer ce nouveau principe alimentaire qui ne va d’ailleurs peut-être pas durer, comme bon nombre de bonnes résolutions passées aux oubliettes …

J’agrémente donc désormais mes desserts d’entremets en tout genre.

Aujourd’hui, semoule de maïs au lait !

J’attrape le bocal, bien rangé sur l’étagère avec ses homologues de verre. Je dévisse le couvercle et … horreur ! Un insecte ailé (mort asphyxié ?) est collé sur la face interne du couvercle.

J’ai l’habitude, en achetant des produits biologiques, du pourrissement accéléré des agrumes et autres fruits, des bestioles dans le riz gardé trop longtemps, c’est la règle du jeu. Mais, dans la semoule, je ne savais pas. Je pourrais regarder ailleurs, au plafond par exemple, verser les grains d’or dans le lait, faire bouillir le tout et avaler les cuillerées en pensant à la poésie en anglais à apprendre pour le prochain atelier, mais … NON ! NON ! NON ! Je suis végétarienne ! Je ne mange pas d’animaux morts, pas plus que d’animaux en devenir, morts.

Deux solutions s’offrent à moi. Courir au compost et balancer le contenu du bocal, cette idée me semble, au final, peu durable. J’opte pour la seconde : opération commando de tri des grains pour éliminer tout élément non jaune, suspect. Telle une orpailleuse tamisant le sable des rivières à la recherche de l’or alluvionnaire, je prépare les récipients de transvasement et me lance dans la tâche. Mes doigts sillonnent scrupuleusement la semoule déposée dans une assiette plate, attentifs aux particules étrangères. Le soudain tortillement d’un asticot me révulse. Je le prélève délicatement et vais illico le balancer au jardin. Unique organisme vivant et gigotant de ces fichus 50 g de semoule.

J’en profite pour élargir, en ligne, mes connaissances scientifiques en ravageurs de grains : charançons, coléoptères et autres mites alimentaires me font de l’œil depuis l’écran. A bien y regarder, ma semoule semble victime d’une attaque de mites !

Incinérée ! Je veux être incinérée après ma mort !

Je continue. Mon index mouillé adhérant à tout point noir, exécrable intrus, ou tout agglomérat filamenteux de grains (signe de nidification?).

Opération terminée ! Hop, à la casserole !

Puis, je fais tourner dubitativement entre mes mains le reste de la semoule jaune dans le bocal.

Et, j’ose à peine penser au prochain riz au lait …

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Sommeil

2023-11-07

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