Duplomb … dans l’aile ?
Dimanche 20 juillet 2025.
Après les pluies intenses de la nuit sur le jardinet urbain, assoiffé et desséché sous la chaleur estivale, je suis, avec grand intérêt, tout en écoutant « La Révolution française » (effet comique non garanti), série historique sortie des placards poussiéreux de Radio France, l’évolution stupéfiante et tout aussi réjouissante de la désormais très médiatique pétition contre la loi du susnommé.
Stupéfiante, car à l’instant où j’écris, 985 510 citoyens ont signé cette pétition. J’en suis. La « Res Publica » ne prend pas de vacances. Joie.
Réjouissante, car, d’un clic éminemment réfléchi et légaliste, sans manifestations aux ronds-points, sans déversement de fumier, sans menaces, sans blocages, sans violente démonstration d’un mécontentement, les citoyens s’expriment. Une expression responsable, déterminée et apaisée, si rare et précieuse, hors échéances électorales.
989510. Comment ? Monsieur Duplomb ? Nous serions donc tous des fans d’une Mme Rousseau, dont les derniers propos ne relèvent aucunement le niveau du débat politique ? J’ai signé, mais non, je ne cautionne pas. La vulgarité dans la bouche d’élu(e)s est lamentable, un contre-modèle en quelque sorte. Le respect de ceux dont on ne partage pas les opinions, me semble fondamental dans le cadre d’un mandat électif. Non ! Monsieur Duplomb, les citoyens ou citoyennes signataires ne sont pas tous ou toutes à son image !
1 008 569. Comment ? Monsieur Duplomb ? La pétition résulte d’une fracture dans la société, dans laquelle les signataires n’auraient pas de devoirs ? Si, Monsieur, j’ai le devoir de tenter de protéger, de cette si humble mais nécessaire façon, la santé des enfants, de mes petits-enfants, de vos petits-enfants. Ce n’est pas mon seul devoir. J’ai, par ailleurs, bien compris, que j’aurai d’autres devoirs, participer au redressement de la Nation (sic) par l’abaissement mathématique de ma pension de l’État, assumer le doublement de la franchise médicale, justifier avec zèle l’exonération du ticket modérateur (affection de longue durée hors ALD), notamment. Soit. Je consens, sans broncher, à l’effort économique.
1 013 546. Comment ? Monsieur Duplomb ? Votre vision de la société repose sur le travail ? Que nenni pour la nôtre, donc ? Cela fait quand même beaucoup de fainéant(e)s ! D’oisifs sans cervelle (je n’oublie pas les oisives), d’hurluberlu(e)s de la ZAD, de fondu(e)s des rave-parties, d’aficionados de l’arrêt maladie, de grévistes de la première minute, et j’en passe et sans doute des meilleur(e)s.
1 029 993. Comme une exaltation politique, un espoir citoyen, des plumes numériques contemporaines qui s’engagent et engagent, oui, qui engagent nos représentant(e)s, directs ou indirects, à un sursaut déontologique, quasi visionnaire.
1 051 173. « Une fourmi de dix-huit mètres avec un chapeau sur la tête ça n’existe pas, ça n’existe pas »*, et un homme de la terre qui empoisonne son sol, ça n’existe pas, ça n’existe pas ? « Une fourmi parlant français parlant latin et javanais ça n’existe pas, ça n’existe pas »*, et un homme de la terre tuant toute vie, ça n’existe pas, ça n’existe pas ?
Nous voulons une vision humaniste pour notre avenir.
« Nous voulons des coquelicots ».
Nous voulons des papillons et des abeilles.
Nous voulons des fruits juteux.
Nous voulons des enfants rieurs.
1 068 085.
* Robert Desnos.

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