Quinquennat
Jeudi 25 septembre 2025.
Une date, qui, si elle ne figurera point sur les frises chronologiques scolaires, vaut quand même son pesant de cacahuètes. Alors que j’écoute, en direct, un podcast au cours duquel Guillaume Poix, écrivain, donne des clés pour lire son dernier roman « Perpétuité », la sentence tombe, comme un fruit mûr. La coïncidence est vraiment savoureuse, comme ce fruit mûr … « Perpétuité », l’univers carcéral du côté des agents de la pénitentiaire ; une nuit en écriture pour découvrir cet univers professionnel hors norme.
Un quinquennat, cinq ans.
J’essaie de me remémorer mes cinq années passées jusqu’à aujourd’hui. Je remonte le temps historique plus ou moins daté de ma petite et finalement insignifiante existence (je ne serai jamais sous les feux de la rampe !), toujours à fleur de mémoire pour l’essentiel uniquement. Par contre, évaluer la durée passée au cours de ces cinq années est impossible car j’ai l’impression que tous les événements se bousculent dans cette reconstitution sans aucun intervalle. La seule certitude temporelle de mon cerveau est mon miroir. J’y vois un visage qui se métamorphose dans la douleur narcissique, sans vraiment comprendre comment tout cela est possible. Comment est-ce possible ?
2020-2021 (calendrier scolaire pour une déformation professionnelle définitive), boulot, COVID, boulot, …
2021-2022, boulot, escapades, boulot, …
2022-2023, boulot, basculement majeur vers le nouveau statut social de retraitée, blog, UIA, atelier photo, escapades, famille, … La liste s’allonge avec le temps de la liberté.
2023-2024, retraite, randos, escapades à répétition, bénévolat, famille, ateliers photo et d’anglais, blog, …
2024-2025, retraite, randos, nombreuses escapades, bénévolat, Tanzanie, atelier d’écriture, blog, …
Bilan de ces cinq années ? Un feu de paille incroyable avec tellement de zones blanches que j’en suis stupéfaite. Ma mémoire est sélective, elle ne veut retenir que quelques moments de ma frise personnelle. Mais, j’ai aussi secrètement en tête d’autres instants, courts, précieux et intimes.
Cinq ans, un quinquennat. Notre ex-Président reçoit le verdict judiciaire de ses aventures politico-financières, dans des grimaces chagrines. Droit (si je puis dire …) devant le micro, il se voit en Sacco ou Vanzetti contemporain. Pardon ! Pardon ! Sacco et Vanzetti, victimes d’une mascarade de procès bien qu’en réalité, vous ne fussiez guère des angelots.
Nous, peuple français, avons donc été présidés par un malfaiteur. La chose est difficilement concevable pour un esprit simple. On peut en rire ou en pleurer, selon son humeur du jour. Pour ma part, citoyenne et électorale, j’en ris, jaune.
Monsieur le Président (sic), ne faites pas de bile, vert de rage aigre, toute durée est une chimère. Votre quinquennat carcéral va filer comme le temps de toute vie humaine. Seul problème, votre tête en sortant. C’est pourquoi, je ne vous conseille aucunement le miroir quotidien de la méchante reine.
Vous pourrez, d’abord, vous consoler en lisant « Perpétuité », il semble que ce soit un excellent livre puisqu’il figure sur la première liste du Goncourt. Ce sera un formidable, bien que très court, passe-temps littéraire. Vous pourrez compléter cette lecture par une petite bibliothèque de voyous. « L’instinct de mort » ; « Une vie de voyou » ; « L’affranchi », et bien d’autres encore …
Vous pourrez, plus tard, sans doute côtoyer, d’assez loin c’est préférable, d’authentiques « karchérisés », qui pourront, involontairement, devenir objets d’un chapitre de vos futures mémoires d’outre-tombe sociale.
Enfin, soyez fier de votre chanteuse préférée qui vous dédiera son prochain tube. Après « Mon Raymond, il a tout bon », nous écouterons, définitivement sous le charme, et vous, depuis votre cellule 4 étoiles, « Mon Chéri, il est fini ».
Exécution provisoire. Art 514 du code de procédure civile.
Les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n’en dispose autrement.

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