Excursions.
Mercredi 11 mars 2026.
Excursion. En filigrane de ce vocable, un imaginaire du micro-voyage, de territoires à explorer, de sentiers à emprunter, d’espaces à sillonner avec le cœur et l’âme légers. Effort, sac à dos, paysage, randonnée, découverte, faune et flore, eau en mouvement ou paisible, chemins, trait de côte ou forêt, émerveillement, marches, courbatures, fatigue, …
L’excursion, un périple en soi. D’abord dans sa préparation. Penser aux chaussures adaptées, à la tenue spécifique, au remplissage du sac à dos, à la gourde, à l’en-cas, à la boussole des temps modernes dans la poche ou à la main, au Kway, et j’en passe.
Excursion. En filigrane de ce vocable, l’imaginaire étriqué de Toto se résume à des champs pétroliers, des routes commerciales, des territoires à minerais rares. Toto, empereur de la goujaterie internationale.
L’excursion de l’affreux Toto à la mèche tintinesque et au teint orange brûlée est donc d’un tout autre genre. Dans sa grande besace siglée « MAGA », des menaces, des paroles en l’air, des promesses effrayantes, des bombardements, des torpillages, des explosions, de la fumée, la mort, la pollution, l’indécision, la guerre, cette sombre connerie à la Prévert*.
Je me souviens de l’excursion bretonne. Nous marchions l’une derrière l’autre, Corinne ouvrait la marche, à droite la mer pour ligne d’horizon, à gauche la lande fleurie et devant les difficultés, pour ma part.
L’affreux Toto excursionne également en duo, mais en duo d’un genre très particulier, à l’extrême virilité, extrémiste même. D’ailleurs extrême définit tout, absolument tout des deux acolytes auxquels aucune route, aucun territoire, aucun détroit, ne résiste, ou si peu (le détroit se rebiffe …). Ah ! Sa belle excursion ! En piqué, en largage, en touché-coulé, en pulvérisé, … Qui des deux acolytes a atomisé 150 fillettes qui voulaient apprendre ? 150 fillettes qui voulaient grandir ? 150 fillettes qui voulaient simplement vivre ?
Et notre excursion dans les Monts de Blond. Comme le nom l’indique parfaitement, point de plat à Blond. Ça monte et ça descend. Ça descend et ça monte en permanence. Nous avions suivi le parcours d’une course de VTT, très en montée. Nous avions encouragé les sportifs du rayon, nous avions sué (moi surtout), nous avions ri.
Les Excursions de Toto ne prêtent pas à rire ou alors si, à rire de façon hystérique comme dans une longue crise de nerfs. Après avoir brièvement excursionné au pays des jaguars et des orioles troupiales aux frais du bolivarien désormais empêché, Toto excursionne au pays des mollahs aux frais du guide zombifié. Il a déjà planifié sa prochaine sortie en terre de fumeurs de cigarillos aux frais du révolutionnaire d’opérette. Aïe ! Caramba !
Toto sans cervelle, à la tête d’une néo-voyoucratie nommée USA.
Toto adore les dollars. Il n’excursionne pas par amour de l’ailleurs, par envie d’herbe verte, par désir de marguerites, NON, Toto malfaisant lorgne sur les richesses, bonnes ou mauvaises, de ses contemporains.
Et l’excursion le long de la Gartempe. Le temps était beau, les prés verts, les marcheuses alertes. Par-delà la rivière, tout en haut d’un coteau, un château, deux petites silhouettes dans le parc. Nous avions agité les bras en quête de quelque charmant nobliau. Les silhouettes nous avaient rendu les balancements de bras et cela avait suffi à notre bonheur de midinettes retraitées.
Qui peut convaincre l’affreuse tête à claques, voix horripilante, de cesser toute velléité d’excursions sur notre petite planète déjà bien martyrisée ? Qui peut convaincre Toto, casquette « MAGA » vissée sur le front, de rester jouer dans son parc, pour parfaire sa maîtrise du birdie, de l’ace ou même de l’eagle.
Qui ? Quiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ?
*Barbara, poème de jacques Prévert. 1946.

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2 semaines
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