Le chagrin et la pitié*
Samedi 31 mai 2025.
Le chagrin. Les larmes en découvrant Le Mémorial de la Shoah souillé de peinture vert bile. Aucun espoir possible dans cette couleur, soudain symbole de haine et de bêtise répugnante, résolument crasse. Vandalisme inouï, comme un très mauvais remake d’une « Nuit de cristal » parisienne, à la mode néo-pseudo-politico-crado (fourre-tout idéologique). Avilir la mémoire de ceux qui ont transité, notamment par Drancy, pour un voyage sans retour dans le noir absolu des consciences anesthésiées, ne sert aucune cause, AUCUNE. Je comprends la colère impuissante à stopper les barbaries d’idéologues de la destruction, fussent-ils de la religion des Élus. Et, je n’oublie pas les Ukrainiens, je n’oublie pas les Soudanais, ni tous les autres, dont les teintes du combat pour la survie semblent fadasses aux yeux des lâches, qui, comme les rats, agissent dans l’obscurité, voile de leurs turpitudes infectes. On est si loin, si loin, des combats héroïques pour une cause, même juste. Je n’ai qu’un souhait, que ce ne soient que de pauvres imbéciles désœuvré(e)s ou alcoolisé(e)s sans cervelle, aucune, ou des espions qui venaient du froid …
« Comment en arrive-t-on là ? ». De la lecture sans commentaires …
Je veux absolument, rageusement, désespérément savoir ce que les presque « 76 000 juifs déportés de France, dont 11 400 enfants », 11 400 enfants, ont à voir avec la situation géo-politique actuelle au Moyen-Orient et notamment dans l’étroite bande martyrisée, réduite à peau de chagrin, chagrin, aussi. Pourquoi salir ces murs primordiaux, abritant la précieuse mémoire de la « Catastrophe » ultime ? Pourquoi ? Salir ces murs, c’est comme salir la mémoire soudain obscurcie de ces enfants, disparus dans l’implacable machine nazie.
Hinda* (née en 1935), évanouie dans les jours sombres du XXe siècle, aimait-elle broder, tenant entre ses petits doigts graciles et malhabiles le doux fil de coton émeraude ?
Jacqueline* (née en 1932), cobaye des expérimentations médicales nazies, pendue au camp de Neuengamme, rêvait-elle encore dans de rares songes aux teintes espérance ?
Henri* (né en 1940), volatilisé là-bas, a-t-il eu le temps de faire ses premiers pas, sous le regard admiratif de ses parents, fièrement redressé, dans ses culottes courtes en drap de laine vert impérial ?
Charles* (né en 1920), disparu dans des limbes incertaines, a-t-il vibré, le cœur palpitant, pour quelque fiancée parisienne, attablés dans des rires complices, dégustant des sirops à la menthe ?
Les enfants en noir et blanc sur papier glaçant, les enfants d’Izyeu, de Drancy, de Vichy, d’Auschwitz, d’Ukraine, de Gaza, du Soudan, du Kivu, …, ne vous disent pas merci, déverseurs/euses de haine verte. Vous salissez tout.
La pitié. Je consulte le CNRTL pour m’assurer complètement du mot et de ses synonymes, choisis à dessein, dans la liste : indulgence, compréhension, mansuétude, sympathie, … Et bien, NON ! Je n’éprouve aucune pitié pour les auteurs encore anonymes de ces pogroms d’un genre nouveau, bien que déjà trop répandus. Aucune.
La chagrin et la pitié*, Marcel Ophüls, sortie cinéma, 1971.
Prénoms* issus du Mur des Noms du Mémorial de la Shoah, Paris.

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Tagged"blog de retraitée", "Choses vues 1847-1848", littérature, opinion, Victor HUGO