Et si c’était eux ?
Je compulse nerveusement en ligne les pages concernant l’étrange communication téléphonique entre Paris et Moscou ou plutôt entre les deux ministres français et russe des armées, désarmées, dans un rêve follement utopique. Les insinuations de M. CHOÏGOU quant à une éventuelle implication des services secrets français me laissent pantoise et soudain, soupçonneuse. Car … il n’y a pas de fumée sans feu, d’apéro sans bière, de bonnet sans tête, de numéro 50 sans numéro 48, de poêle sans manche, de hérisson sans poils qui piquent, etc …
Et, si, Vladimir Vladimirovitch est trop occupé pour donner de son si précieux temps aux proches des victimes de l’odieux attentat de Moscou, c’est que la situation est grave : atteinte à la sûreté de la Russie et de son renseignement, oui c’est grave.
La tension monte dans mon salon. Et si c’était eux ?
Je consulte l’annuaire en ligne, pas de numéro attribué à la DGSE. Je me demande si les Russes ont un annuaire en ligne pour contacter le FSB. Il me semble évident qu’une ligne directe doit être opérationnelle pour les dénonciations de citoyens déviants. Les mamies qui veulent le retour de leurs petits fils, enrôlés dans l’absurdité d’une opération spéciale guerrière ; les femmes amoureuses du beau et feu Navalny ; les jeunes filles en fleur aux bouquets fanés, pleurant sur quelque mémorial ; les hommes, imprudemment politiques ; Les petits cancres qui retiennent mal les vraies leçons d’histoire. Beaucoup de monde, en somme.
Mon siège contient difficilement mon agitation. Et si c’était eux ?
Je suis sur la page internet de la DGSE. Les informations défilent. – Nos offres d’emploi (Tiens, ils recrutent ?)- En savoir plus – Qui sommes-nous ? (SIC) – Nos missions – Notre héritage – etc … Pas de page de contact. Pas de numéro direct. La poisse.
Le soleil point à travers les stores du salon. L’angoisse monte. Et si c’était eux ?
Je tenterais bien une approche russe mais l’alphabet, apparenté cyrillique, est pour moi un épais mystère. J’ai étudié l’Allemand en première langue. Mince … FSB : Федеральная служба безопасности Российской Федерации. Franchement décourageant pour une linguiste du dimanche.
Monsieur CHOÏGOU et Vladimir Vladimirovitch recherchent activement (tout en supputant médiocrement et sournoisement) les commanditaires de l’immonde massacre moscovite.
Je m’agite stérilement. Je transpire. Et si c’était EUX* ?
ELLE, qui passe à petits pas discrets, sur le trottoir devant chez moi. Un léger bonjour aux lèvres mais un gros sac sous le bras. Pourquoi un si gros sac pour de si petits pas ? Je m’interroge. J’aimerais, à son furtif passage, lui arracher son sac du bras, en jeter le contenu à terre et LA démasquer.
LUI, Un franc bonjour qui ne me trompe pourtant pas. Une voix forte, qui porte loin. Mais dans les silences, que se murmurent-ils ? Que manigancent-ils ? Ils reçoivent beaucoup. Un peu trop, non ? LUI, au volant d’une voiture électrique asiatique. Étrange, non ? Une voiture équipée d’un coffre. Un grand coffre, pour quel usage ? Je voudrais en fracturer la serrure, soulever rageusement le capot et LE démasquer.
EUX*. Les voisins du 48. EtrangeS, non ?
Monsieur CHOÏGOU ! Vladimir Vladimirovitch ! Et si c’était EUX* ?
PS : Attention ! Toute ressemblance avec des faits réels ou supposés tels, est totalement absurde ou … « effessebienne ».

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5 jours
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