Comique de situation
The Benny Hill Show n’est finalement pas si drôle ! Benny a beau grimacer, sourire sournoisement en attendant les immanquables rires enregistrés du public et les nôtres derrière le petit écran de notre jeunesse, pousser la stupide et graveleuse chansonnette, porter le canotier, rouler des yeux lubriques, regarder le plafond d’un air effaré, s’exprimer avec une vulgarité étudiée et comique à souhait, être un british Lover irrésistible de gaucherie, nous balancer des slogans impayables, revisiter la lettre à Elise façon « Tut, tut, tut, tut, tut, tut, tut, tut, tut … », porter le kilt pour des raisons interdites aux moins de 16 ans, draguer misérablement des pin-up peroxydées, se faire tirer la cravate par de jolies anglaises adultères, gruger ses amis sortis tout droit d’une série britannique burlesque, se mordre la lèvre supérieure en guise de douleur, tenter le diable dans les chambres conjugales, se vautrer, pas seul, derrière les canapés de style, nous divertir en accéléré, NON, Benny Hill n’est pas si drôle. Il ne me tire que quelques timides sourires.
Pas plus Mr Bean ! Non, pas plus ! Il a beau, tendre son bras trop court, nous offrir sa tête d’ahuri permanent, s’aventurer en terrain interdit aux adultes, tenter un plongeoir trop haut, prendre des poses de circonstance, nous gratifier de ses peurs muettes et ridicules, rouler des billes avant la chute obligatoire, perdre son maillot de bain à la piscine, foncer stupidement au volant de sa Mini vert pomme, faire un usage original de sa brosse à dents électrique, dormir (lui aussi) avec son doudou, faire de sa vie quotidienne un enfer délicieux, NON, Mr bean n’est pas si drôle. J’esquisse de petits rires contenus.
Et Mel Brooks ? Non plus. Mel Brooks a beau, revisiter l’histoire du monde, nous expliquer, avec effet comique, la genèse du Décalogue dans les mains maladroites d’un Moïse vieillissant, ou nous apprendre comment l’incurie des empereurs romains a pu conduire à la chute de l’Empire du même nom, faire jeter le gant d’une manière définitive à son Robin Wood, nous inciter à adorer Dracula, montrer la cloche sous un jour nouveau, inciter à la prudence dans les parcs, faire renaître de ses cendres le film muet, rendre le nazisme risible (peut-on vraiment rire de tout ?), repenser le Far West, ridiculiser Dark Vador, je suis à peine emballée.
Et Coluche alors ? Qui rate son train, caché par un autre, égratigne les anciens combattants avec son « Duboudin » qui ne manque pas de sel, achète une maison en Normandie car il n’y neige pas l’été, raconte l’histoire d’un mec comme on en n’entendra plus, règle son compte à la publicité, joue du sifflet comme pas deux, en envoie à travers la gueule, veut être chômeur, met le pied gauche dans la grotte, parle un peu le turc sous la torture, n’a pas eu d’bol, attend le coucher de soleil sur la plage, défend les chômistes qui n’ont plus d’boulot, n’apprend rien à l’école, a bien tout lu Freud, a des relations sexuelles surtout quand il n’est pas là, sait qu’on est les plus balaises du monde en politique (une prémonition), Coluche, lui ça va.
Je pourrai poursuivre cette énumération à la Prévert à la recherche de comiques de situation vraiment drôles mais c’est inutile.
INUTILE. Ce soir, j’ai trouvé ! Je ris. Je ris. Je m’esclaffe. Je m’amuse énormément. Je suis hilare. Quelle rigolade ! C’est trop drôle. Oui, on est vraiment les plus balaises et les plus marrants du monde en politique.
Merci Monsieur le Premier Ministre !

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3 jours
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