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Pinceaux, brosses et déconvenue …

Samedi 4 octobre 2025.

L’inscription aux ateliers de l’école des Beaux-Arts de Grand Poitiers, cela ressemble, à s’y méprendre, à une sorte de course effrénée au Graal culturel. Nous avions, d’une part les intéressés, d’autre part les transfuges, RDV le 1er septembre à partir de 13H pour valider cette inscription aux différents ateliers, et pour les transfuges, si nous avions décidé de changer de cours. La photo, c’est terminé ! Après deux années plus ou moins constructives (après mûre réflexion moins) au cours desquelles j’ai fini par perdre le goût de photographier, stop. Il est vrai, et j’en ai conscience, que je n’ai guère le don d’obéissance ni même celui de la patience. Je souris intérieurement quand je pense à tous les élèves récalcitrants qui ont fréquenté, longuement et répétitivement, mon bureau …

Bref, 1er septembre, 12h55, stupeur postprandiale, je ne peux même pas me stationner sur le parking, pourtant vaste, inhabituellement complet. Une longue file de corps sur pieds déborde du préau de l’ancien collège pour serpenter dans la cour. Je trouve une place plus loin, mais me rends compte que je ne pourrai jamais attendre, j’ai une permanence d’écrivain public à 14H. Je croise un camarade du cours de photo qui souhaite également changer d’air. Il accepte de transmettre mes documents d’inscription.

17h15, me revoici à l’école de Beaux-Arts pour régler les frais d’inscription. Surprise ! Si le parking s’est en partie vidé, la queue, désormais bavarde, ne s’est pas totalement résorbée. Nous patientons comme des gamins sur des bancs du préau. Le stress monte car les ateliers sont presque tous complets, je compte les personnes devant moi, plus que 3 places dans le cours convoité, peinture et sculpture. Un bref sondage parmi les présents devant moi me rassure, avec un peu de chance, je vais avoir une place. C’est enfin mon tour, inscription validée ! Cours le jeudi de 14h à 17h, début du cycle le 18 septembre. Bonne heure ! J’écoute un podcast de philo et j’apprends que le bonheur serait plutôt la bonne heure … Ce lundi, j’étais donc au bon endroit et à la bonne heure. Parfait !

Oui, mais voilà, un premier mail arrive dans ma boîte de réception, la prof est absente. Je ronge mon frein artistique, tempère mes velléités picturales, sursois à mes projets colorés, modère mon inspiration volumique.

Je patiente, je patiente, je n’ai pas le choix.

C’est bientôt une autre bonne heure car je reçois un message de notre future prof qui partage au groupe, encore au stade fœtal, des œuvres à méditer, ou pas, pour une très prochaine réflexion collective. Je respire profondément. J’observe les productions artistiques, essentiellement contemporaines, avec le sérieux de l’élève qui veut comprendre et progresser. De la couleur, de la couleur, encore de la couleur. Un préambule pédagogique virtuel qui semble annoncer un cours sympa.

Je patiente, je patiente, je n’ai pas le choix.

29 septembre, deuxième mail de l’école. L’absence est prolongée jusqu’aux vacances scolaires prochaines. Ma mine se déconfit instantanément devant l’écran malveillant. Prochain hypothétique cours début novembre. Je cauchemarde éveillée, de peinture, nous n’en verrons jamais la couleur, l’atelier n’aura jamais lieu et nous allons être répartis dans nos cours d’origine. Clic. Clic. Je jette un coup d’œil désabusé sur mon compact, toujours à portée de main, la batterie est déchargée, le boîtier fait grise mine. Hallucination !

La promesse de cercles chromatiques, de mélanges colorés, de productions originales, se métamorphose en longue attente, sinon en déconvenue.

Je patiente, je patiente, je n’ai pas le choix.

« Le blanc sonne comme un silence, un rien avant tout commencement.” Kandinsky.

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