Le film de Noël
Après notre marche dominicale de 13,93 km (je regrette les tours de voiture qui auraient arrondi notre performance) et un dîner aux notes automnales, aussi léger que délicieux, Corinne propose une soirée film.
Chouette ! Rien d’intellectuel mais plutôt « vautrage » sur le canapé au coin du feu devant un écran lumineux.
Cela commence par une plateforme de diffusion de contenus gratuits ou pas (l’expérience de streaming la plus aboutie ; nous allons adorer la télé ! ). Offre pléthorique. Pas facile de s’y retrouver ni de choisir. Tiens, ce film, zut en espagnol … Bon celui-là alors ? zut en anglais sous-titré en … anglais … Tant pis. Ce thriller ? Cinq minutes de visionnage suffisent à nous convaincre que nous n’allons pas le regarder plus longtemps. Les contenus gratuits ont tout de même leur limite …
En désespoir de cause, je propose un film de Noël, c’est la saison et on ne va pas se torturer les méninges. C’est parti sur une chaîne nationale, en replay.
Donc, c’est l’histoire de Corey (l’héroïne un peu niaise, mais pas trop) qui rencontre opportunément Ryder (le héros, élu l’homme le plus séduisant de l’année. Bon, ce n’est pas Brad PITT non plus ..). Corey habite avec sa mère une charmante bourgade évidemment enneigée puisque c’est la période de Noël. Ryder pousse, par hasard (!?), la porte du magasin d’antiquités (il aime fort heureusement les antiquités) que Corey tient avec dévotion. Les objets du père disparu encombrant les étagères (tout le drame du film tient sur ces étagères) … S’ensuit une longue série de micro-péripéties plus ou moins idiotes les unes que les autres qui vont conduire les tourtereaux à l’évidence : ils sont faits l’un pour l’autre. La soirée de charité organisée par les immanquablement très riches parents de notre héros constitue le clou du nanar, Ryder y paradant déguisé en Rudolph, the Red-Nosed Reindeer. Comme c’est charmant !
Corinne exécute des réussites sur sa tablette tout en jetant, par intermittence, un coup d’œil distrait à l’écran. En même temps, un œil suffit …
Moi-même, enveloppée dans le plaid, ne manque aucune réplique pour mieux en critiquer la vacuité. Corinne est méchante, elle se lâche sur les seconds rôles. On se marre comme deux ados, un vrai délice !
Est-ce qu’ils vont s’embrasser ? S’enquiert ma comparse. Oui ! Oui ! c’est toujours prévu à la dernière image ! Point trop n’en faut pour le puritanisme américain, après tout, Noël, c’est sacré.
Est-ce que les français tournent des films de Noël, renchérit-elle ? Sa culture cinématographique des films de Noël est assez limitée (LOL) … Je tente « le Père-Noël est une ordure » mais je doute que notre « Zézette » nationale soit appréciée outre-Atlantique pour les fêtes de la Nativité …
Ce qui devait arriver arriva, Corey et Ryder s’embrassent une demi-seconde à la dernière image.
Le générique défile et Corinne attrape la télécommande.
Quelle soirée !

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5 heures
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