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La pépite.

Samedi 22 mars.

Ciel bas, nuages noirs ou anthracites, temps instable, averses, fraîcheur, soleil intermittent, printemps en embuscade depuis un lieu bien caché de nous tous. Sol extérieur à plic ploc, paradis de la grenouille et autres batraciens. Déprime.

Tout est bien plus déprimant encore du côté des nouvelles du monde.

Les cinglés Outre-Atlantique ne font même plus sourire comme on sourirait à peine d’une plaisanterie ni drôle ni assez courte.

Les velléités guerrières jusqu’au-boutistes du cinglé Proche-Oriental, pourtant Elu parmi les Elus, exaspère même les plus patients.

L’œil slave torve de l’ogre, glacé tout autant que glaçant, tout aussi cinglé que les trois premiers, dont la sournoiserie crasse explose sur les écrans, nous horripile.

Volodymyr s’épuise, héroïquement.

Emilie a quitté le monde, discrètement, définitivement.

Le Saint-Père, frêle chasuble alitée, ne passera pas l’année chrétienne. Quoi ? On s’en fiche ? Je parcours, je parcours, je lis, je déchiffre, je me renseigne sur la santé du monde et papale, entre autres. Activité bien innocente sinon sainte, en somme.

Notre gouvernement, telle une grosse limace phosphatée, se traîne, sans avenir proche, dans les couloirs de Matignon.

Mon Europe ouvre un œil, mais pas l’autre …

Ma Biocoop est embouteillée, caisses de fruits ou de salades vertes, clients qui, telles de grasses limaces cendrées ( on est écolo ou on ne l’est pas …), lambinent sans but dans les rayons, employés pressés, fabricant de lessive à … la cendre (CQFD) qui nous harangue aimablement. Il me refile un échantillon de savon solide pour la vaisselle (vais-je lâcher mon savon d’Alep ?). Mon ticket de caisse, comme à chaque début de printemps, emprunte le téléphérique des prix. Déprime. Générale.

Ma doudoune longue d’hiver, noir corbeau passé, est toujours accrochée au porte-manteau, tel l’oiseau de mauvaise augure.

Pourtant ce matin, un simple entrefilet, même pas en gras, même pas titré, en bas des fils d’actualité, a attiré mon attention de lectrice avide de positif, de joie, de lendemains radieux.

Elle l’a fait ! Elle a réussi ! Je tente de replonger dans les maigres lignes relatant l’exploit. Rien ! L’article a disparu des pages de Une de la presse nationale en ligne. Disparu. Comme ça, mine de rien, sans bruit, englouti, par la guerre, la politique, la douleur, la colère, le mépris, l’incompréhension, les fossés, les manifestations, la santé publique, les frappes, les missiles, les épreuves, la violence, la génétique, les municipales, les financements, re-les cinglés, les autocrates, les autres … Oh, l’amer inventaire, dont Prévert refuserait absolument la paternité.

C’est pourtant vrai ! Elle l’a fait ! Elle a réussi ! Marie-Julie ! Première athlète française championne du monde de saut à la perche en salle. 4,75 m ! Sur la photo de la performance, chignon tiré, corps en balance, mains talquées tendues aux doigts écartés, cri de victoire silencieux qu’on perçoit parfaitement.

Bravo ! Et surtout. Merci !

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