Jeudi noir*
Vendredi 27 juin 2025.
7h30. Sonnerie du téléphone en mode réveil. Matin d’analyses sanguines. A jeun. Je sors la Mini du garage, le trajet est court. Je me stationne Place de Provence, juste en face du labo. Constitution du dossier. J’en profite pour demander pourquoi une analyse, non prescrite par mon endocrino, a été ajoutée lors de mon précédent prélèvement. Réponse édifiante, la SECU fait désormais des packs TSH/T4 ou TSH/T3, par exemple. Des PACKS ! Incroyable ! Et, pendant ce temps, le gouvernement cherche toujours désespérément 40 milliards (#Wanted40milliards, mon nouveau hashtag sur Bluesky). Pour précision, le dosage de la TSH est non signifiant dans mon cas et sûrement beaucoup d’autres …
Cet interlude médical clos, je remonte en voiture. La Mini, je la manie avec douceur car l’embrayage est en phase terminale, le RDV chez le garagiste est fixé au 3 juillet. Je remonte le parking et repère l’épicier, à droite, sur le pas de sa porte. Je tilte ! La bière ! Bio ! Je manque du breuvage indispensable à l’apéro, avant la sortie spectacle de ce soir avec Corinne, ma complice de toujours. A nouveau, je me gare. J’éteins le moteur, serre le frein à main et … là … soudain, sur ce maudit (ou béni) parking, la pédale d’embrayage reste collée au plancher. Je tente un passage de vitesse. CRRRAAAC !!! Vade retro Satana ! Je m’excite sur la fichue pédale, sans succès, elle reste aussi inerte qu’un rat mort. J’ose à peine imaginer la même panne sur la Rocade Est en longs travaux de voirie avec une voie unique de circulation (j’ai peut-être échappé à bien pire) … J’ai définitivement oublié la bière. J’appelle mon assistance, injoignable. J’évalue la situation. Les distances.
Je prends mon courage à deux mains (si je puis dire), abandonne ma Cooper à son sort et décide de rallier le garage dans lequel je planifie ses révisions. J’explique ma mésaventure au technicien présent à l’accueil et lui fait remarquer que je n’ai toujours pas reçu de devis de réparation. Il me regarde ou plutôt me voit, je semble déranger sa contemplation du vide sidéral qui nous entoure. Il me renvoie mollement à mon assistance et me promet un devis en début de semaine prochaine (à Pâques ou à la Trinité ?). « Au revoir Monsieur ! ». C’est décidé, exit Peugeot ! Je tourne les talons, évalue la situation, les distances. Au point où j’en suis et comme c’est sur mon chemin, je passe à l’école des Beaux-arts. Clic ! Clic ! L’expo de fin d’année. Au passage, je jette un dernier coup d’œil à « ma vie, mon œuvre ».
J’évalue la situation, les distances. Au point où j’en suis et comme c’est sur mon chemin, je poursuis donc mon périple piéton jusqu’au relais Pickup et récupère un colis avant la date butoir.
4 km plus tard, devant l’écran de mon ordi, je tente l’assistance en ligne. Trop de demande, conseiller momentanément indisponible. Pas la patience d’attendre, « dépannage-Poitiers-entrée » ! 640 avis, le mien à venir, 5 étoiles, Avanti ! Une voix calme au bout du fil, balancier de mon débit mitraillette. RDV pris pour 15H. Petite lumière dans cette journée de la loose, l’assistance me confirme ensuite que le dépanneur est agréé.
15H, retour, toujours pédestre, au parking. J’aperçois le véhicule jaune qui clignote comme un sapin de Noël, mais c’est pas Noël. Clic ! Clic ! J’immortalise ma si chère (sens 1 et 2) voiture, prête pour son remorquage. Émotion de la voir partir, comme ça, direction le concessionnaire Mini. Je reste plantée, là, un moment, incrédule.
Je « WhatsApp » mon entourage proche pour l’informer du drame mécanique, photos à l’appui.
Jeudi noir.
*Preuve par l’image d’en-tête.

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3 semaines
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