Chronique d’une peur, épisode 1
Vendredi 18 septembre 2026.
211 jours … Une histoire de compte à rebours qui fait frissonner. 211 jours me séparent du premier tour de l’élection présidentielle de 2027.
J’ai peur. La peur intellectuelle qui ne prend pas aux tripes comme le vertige sur la corniche. Non. La peur réfléchie, soupesée, mise en balance, anticipatrice aussi.
Ça a commencé bien avant les absurdes annonces populistes de la femme qui est condamnée en appel et s’est pourvue en cassation pour faire durer la plaisanterie judiciaire (rétablir les peines planchers est tout de même une de ses promesses …). Populistes, inapplicables, inconstitutionnelles, abjectes en somme.
Est-ce une autre forme de peur, aux causes diverses mais partagées, qui pousse autant de citoyens à se recroqueviller sur le dur du noyau humain. Dur, asséché, oublieux des cheminements historiques qui conduisirent la violence du verbe nationaliste à la violence d’une politique collaborationniste, fondée sur ses lois raciales (loi du 3 octobre 1940 portant statut des Juifs) ?
Je vais éplucher le programme de la reprise de justice peroxydée pour bien comprendre les menaces qui pèsent sur mes 211 jours d’attente anxieuse. RIEN. NADA. Je navigue désespérément à la recherche du document. Projet, je clique, 2022, 2024, 2025. 2027 ? Rien. Je suis pourtant sur la page de son parti, mais, peut-être suis-je tombée sur un faux site bourré de deepfakes ??? A l’ère de l’IA, nous pouvons désormais nous attendre à tout.
Fiches thématiques, je clique. Pas de dates. Mais en fin de chaque fiche une promesse de la dame pendant son quinquennat. Lequel ? 2022, 2027, je l’ignore. Je parcours la première fiche avec abnégation, fiche fondatrice d’une politique fidèle à elle-même, « M contrôler l’immigration » ( faut pas plaisanter avec le concept du « M » !).
ARRRGH !!!! ZUT !!! « M la France », je découvre ce slogan en haut de la fiche. Me suis gourée de site. Je fonce sur « Mlafrance » qui est le bon (sens exact, svp) site de campagne électorale. Je me trouve, au final, tout à fait naïve en politique numérique … Des fiches toutes titrées en « M + … ». Fritz Lang doit se retourner dans sa tombe. Et, à bien y réfléchir, la furieuse chasse à l’homme, les suspicions, les dénonciations, les rafles pour retrouver « M Le Maudit » sonnent étrangement dans ma cervelle interrogative et comparative …
J’abandonne immédiatement la lecture de la fiche erronée, non sans avoir copié-collé un petit extrait édifiant (réforme de la constitution),
« … Enfin, plus important encore, la Convention européenne des droits de l’homme ne constitue pas un obstacle pour mettre en œuvre une politique en matière d’immigration. C’est ce qu’ont fait le Danemark, la Hongrie ou la Russie, trois pays signataires de cette convention. Aucun n’a jugé opportun de la dénoncer … » A chacun ou chacune ses modèles …
Mais au fait, Madame, moi aussi, j’aime ma France ! Ma France de la liberté, ma France de la diversité, ma France de la culture … Il y a tant à écrire sur la beauté de ma France, sans naïveté non plus.
Je télécharge le premier document de la très vilaine collection. Ça recommence d’entrée de jeu électoral. 1, la xénophobie décomplexée érigée en programme national. Quelle honte !
J’ai soudain besoin d’un remontant. Je referme tous les onglets et vais me préparer un petit goûter réconfortant accompagné d’une tisane aux plantes bienfaitrices, fugace antidote contre le verbe du rejet
Suite au prochain épisode, ou pas.

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Tagged"blog de retraitée", Haïku, jardinet urbain, les poires, récolte