Billets / Regard intime

Les grands mythes – L’Iliade et l’Odyssée*

Dimanche 26 juillet 2026.

Iliade, récit de la guerre de Troie.

Odyssée, Ulysse ou le retour contrarié.

Je viens juste de terminer le visionnage de la formidable série d’Arte, « Les grands mythes ». Déjà diffusée par le passé, cette série m’a transportée, avec plaisir, dans mes années collège, celles de l’étude de la mythologie grecque et romaine.

Je me rappelle aussi la fameuse série télévisée italienne « L’Odyssée » diffusée en France en 1970 et 1974, je pense l’avoir regardée en 1974 car Polyphème, avec en sa main énorme et serrée un compagnon d’Ulysse, m’avait marquée si durablement que j’ai toujours cette vision délicieusement horrifique en mémoire.

Les grands mythes, judicieuse association d’une récitation intelligente des deux épopées homériques, d’images animées et d’un foisonnement d’œuvres d’art de tout siècle (tableaux, sculptures, dessins, …). C’est tout simplement beau à regarder et inspirant à écouter.

Je tente, au passage des images, d’identifier les œuvres qui défilent dans le récit. Révision ludique de mes connaissances en histoire de l’art. Pas toujours facile de reconnaître le détail qui évoque l’auteur(e) dans cette magnifique et riche galerie d’art qui défile en accéléré. Du « buste de Zeus » (palais Altemps), en passant par « Pallas Athéna » de Klimt ou « Les chevaux de Neptune » de Crane, ou encore « Ulysse dans l’île de Calypso » de Bodinier, à « La vengeance d’Ulysse contre les prétendants de Pénélope » de Eckersberg ou « Pénélope au milieu de ses femmes qui font de la toile » de Primaticcio ou enfin, pour clore le dernier épisode de l’Odyssée, « Homère chantant son « Iliade » aux portes d’Athènes » de Guillon Lethière. Superbe !

Le graphisme des scènes animées, aux silhouettes sépia, semble comme créé par les dieux de l’Olympe tant il colle parfaitement à l’œuvre d’Homère. La poésie épique est de toutes les images.

Inutile de reprendre ici toutes les péripéties du récit, personne n’y a échappé au cours de sa scolarité, et c’est tant mieux.

Je me souviens avoir lu Homère, je parcours les rayons de ma bibliothèque à la recherche des deux volumes. Je grimpe sur une chaise pour enfin les dénicher sur une étagère haute. Les voilà ! Vais-je les relire ? Y réfléchir à deux fois car le temps passe vite et puis la série d’Arte relate si bien l’épopée grecque, version visuelle et auditive ultra rapide en comparaison à la lecture studieuse d’une syntaxe de haut niveau, de quoi hésiter. Je feuillette les deux traductions de 1993, environ mille pages à avaler, pas du gâteau littéraire. A suivre … ou pas.

De la pomme de la discorde (L’Iliade, épisode 1) au retour victorieux d’Ulysse en sa chère Ithaque (l’odyssée, épisode 10), on révise ses classiques de la mythologie grecque avec bonheur. J’avais d’ailleurs complètement oublié la généalogie précise des divinités olympiennes. C’est donc l’occasion rêvée de se remettre en mémoire les évaluations de sixième. Éris, Zeus, Héra, Poséidon, Hadès, Arès, Aphrodite, Apollon, et tous les autres, la belle liste non exhaustive de ces divinités, glorieuses, jalouses, colériques, puissantes, … , qui dirigent les âmes et les actions des hommes.

Idem pour les héros homériques (époque oblige, les femmes restent généralement cantonnées à la victimisation ou la perfidie …), pour certains, passés aux oubliettes de mes circonvolutions mémorielles, je ne sais pour quelle raison. Achille et son talon mortel, son Patrocle, le vaillant guerrier, ami cher, tué et pleuré. Pâris, prince troyen naïf et étincelle destructrice et son Hélène, épouse infidèle par qui la guerre de Troie fut. Agamemnon, roi des rois, au destin funeste. L’« industrieux Ulysse » (réminiscence soudaine de ma lecture passée), héros parmi les héros. Les masculinistes de pacotille contemporaine auraient de quoi se réjouir devant ces hommes quasi dieux, enlevant les femmes, tirant les rênes de leur char, fougueux guerriers, défendant les cadavres des morts, déjouant les pièges mortels de déesses vengeresses, déchirant de la javeline les corps ennemis.

A voir et à revoir, donc, sans modération.

* Les grands mythes, l’Iliade (2018) et l’Odyssée (2020). Narration, François Busnel. Réalisation, Sylvain Bergère, Gaëtan Chabanol, Sébastian Rancourt, Nathalie Amsellem, Camille Dalbéra,

NB. Photo d’article, musée d’Art cycladique, Athènes. 2013.

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