Billets / Grains de sel

« George SAND »*

Samedi 20 juin 2026.

Je commets le sacrilège, avec le remords** de la bonne élève qui a mauvaise conscience de ne pas finir son devoir de lectrice. J’arrête ! J’arrête la lecture de cette biographie. J’avoue que pour l’année de commémoration des 150 ans de sa disparition, ça la fiche plutôt mal, mais, je n’en peux plus. Je n’en peux plus. Non seulement, je n’en peux vraiment plus, mais j’ai tellement de livres qui me font de l’œil littéraire à ingurgiter, que mes atermoiements un peu ridicules qui me font me tortiller sur ma chaise me semblent finalement totalement stupides.

Je regarde la couverture du livre et le visage juvénile d’Aurore DUPIN qui semble d’ailleurs me faire une moue de contrariété … Désolée Aurore, alias George.

Le marque-page, signe d’une progression insignifiante (je ne vais tout de même pas y passer l’année …) est coincé entre la page 202 et 203 des 477 de l’opus. La table des matières indique que je suis bloquée en 1848, année révolutionnaire. Je pense à Victor HUGO qui a aussi vécu les événements parisiens mais ne nous y trompons pas, l’une comme l’autre, témoins idolâtrés de bouleversements sociaux majeurs et plumes de renom, restent des privilégiés qui commentent leur siècle, même si dans le cas d’Aurore DUPIN, sa naissance est, pour son époque, peu glorieuse.

Mais, revenons à ma biographie. Est-ce le sujet ou la façon de le traiter qui ne procure aucune étincelle à mon cerveau amorphe ? Peut-être un peu des deux ? Pourtant la biographie est un genre qui me passionne, Stefan ZWEIG*** était un génial biographe que j’ai lu avec délectation.

Je crois d’ailleurs me souvenir d’un traumatisme littéraire de prime jeunesse. J’avais trouvé un vieux livre (je ne sais plus dans quelles circonstances), l’avais ouvert par inadvertance, et, l’avais bien vite refermé, pour toujours, « La Mare au diable », ce me semble. Un signe, déjà !

Francine MALLET, l’autrice, nous dépeint donc la vie de cette héroïne, de sa naissance à … 1848, pour ma part de lectrice. De l’enfance malheureuse à la liberté féminine, conjugale, politique. Elle mêle constamment extraits d’œuvres et biographie dans un style, de mon point de vue purement personnel, un brin compassé. Je m’y ennuie, fermement, ce qui est fâcheux, à l’âge où perdre son temps est un luxe inabordable.

Donc, pardon Aurore ! J’assume, ne pas rendre hommage à votre vie tumultueuse et riche de productions littéraires, n’avoir rien d’intéressant à écrire au sujet de cette biographie honteusement abandonnée, bien que, tout bien réfléchi, cela ne me fasse, ni chaud (tant mieux !), ni froid (tant pis !).

* « George SAND », de Francine MALLET. GRASSET, édition 1984 pour le livre de poche.

** Tourment moral causé par la conscience d’avoir mal agi, in CNRTL.

*** Stefan ZWEIG, « Magellan » ; « Marie-Antoinette » ; « Joseph Fouché » ; …

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