« C’est une belle journée ! »*
Lundi 31 mars 2005.
Je fredonne, je chante, j’exulte, je tape des mains avec ses fans absolument hystériques, derrière l’écran de l’ordinateur. J’écris, mes doigts tapotent allègrement sur les touches plates et noires, je chante, j’esquisse quelques pas de danse du Disco de mes vingt ans. Mylène !!!!! C’est une belle journée ! Une si belle journée.
Non, point de menaces commerciales, ni de féminicides, ni de guerre, ni de corps morts, ni de …, ni de … Aujourd’hui, c’est la belle journée. Non, Mylène, pas question non plus d’aller se coucher, je goûte la douce brise dans le jardinet de ville en sirotant ma tisane reminéralisante à l’ortie (sic)..
Deux puissantes justifications à mon impérieuse jubilation intérieure de ce lundi 31 mars 2025.
La sanction est tombée. La condamnation est prononcée. Juste (Juste ciel !). Des délinquants justiciables ont été punis par des juges indépendants. Les voleurs de millions européens, une sacrée « palanquée » de délinquants, à la droite extrême de l’échiquier politique, sont punis, conformément à la Loi, toute la Loi, rien que la Loi. A leur tête, la cheffe de meute peroxydée, très énervée, qui s’est crue, un moment seulement, au dessus de ces lois. Les lois, juste pour les autres, « qu’elle croyait » …
C’est une belle journée !
Comment ? On s’offusque, à droite, à la droite extrême, à la gauche extrême ? Non ! Les élus ne sont pas au-dessus des lois, j’aimerai vraiment, dans un monde politique utopique, qu’ils nous montrent l’exemple, qu’ils déploient devant nos yeux admiratifs et confiants des qualités de probité, de droiture, de vérité, de courage … Mais, comme dans une certaine formidable chanson, ces mots n’ont, semble-t-il, plus cours sous nos ciels chargés. Ne nous restent que nos livres d’Histoire, nos frises, ponctuées de noms qui font frémir d’humilité et d’envie d’identification romanesque, nos poètes disparus, nos idéaux absurdes et vains.
C’est une belle journée !
Vladimir est triste, il s’inquiète pour la démocratie. Rires.
Viktor (un européen, pourtant …) est triste, aussi, « il est Marine ». Rires jaunes.
Dans peu de temps médiatique, Kim, Recep, Benyamin, Xi, Assimi, Ramzan, Hun, Nicolas, Mohammad, Ali, Paul, et tous les autres … vont sortir les mouchoirs, grands, petits, à carreaux, à rayures, blancs, brodés, de soie, de lin, de coton, rougis … Rires.
C’est une belle journée !
Et puis, ce soleil ! Cette douceur ! Ce soleil du printemps, annoncé en grande pompe dans les calendriers, mais capricieux, frisquet, pluvieux, décevant les attentes pourtant des plus patientes. Ce soleil, en plein visage, qui efface les rides, les rictus, les chagrins, les pertes, les peurs, les déceptions. Tout s’efface sur les peaux offertes au lumineux, chaud, réconfortant, éclat astral, enfin.
C’est une belle journée !
Je virevolte par intermittence, je synchronise, toujours en boucle avec Mylène, qui continue à vouloir aller se coucher, une si belle journée et je n’oublie pas l’abeille, plutôt le bourdon, mon premier bourdon de printemps, posé sur une discrète fleur de groseillier à maquereau. Tableau printanier, réjouissant, inspirant, vivifiant, qui ferait presque oublier, presque, une belle âme, si loin, si proche, qui lutte, dans un combat inégal, déjà perdu. Le soleil inonde-t-il sa figure, pâlie ?
C’est une belle journée !
* Mylène FARMER, 2001.

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