Go to Tanzania, suite.
Vendredi 28 février 2025.
Donc, direction le Tarangire ! Off we go !
Le Tarangire est mon parc fétiche. J’aime ses paysages vallonnés qui encadrent la rivière qui lui donne son nom, ses arbres totems, les baobabs, silhouettes massives à chapeaux de feuilles naissantes après les pluies de février. Certains portent des fruits. Tous sont admirables, souvent blessés par la défense ivoire.
Sans sommeil depuis la veille, jour du départ, ma tête dodeline comme celle d’une marionnette désarticulée, à l’arrière du véhicule, Giani a sombré dans ses premiers songes africains. Le véhicule quitte la bande goudronnée pour la piste poussiéreuse qui conduit à l’entrée du parc. Chaleur intense, poussière, secousses, poussière, chaleur intense. Trop fatiguée pour vraiment prêter attention à la vie derrière les vitres. Notre camp est situé à l’intérieur du parc non loin du « Lake Burungi ». Hamisi stoppe le 4×4 à la « gate » principale pour effectuer les formalités requises.
Pause technique (no comment …).
La « gate », à peine franchie, dans le soleil qui achève son ellipse diurne derrière les acacias en fleurs, les animaux, en nombre, nous saluent. Lionnes alanguies, colonnes de pachydermes pressés, hautes et graciles girafes, chacals trottinant devant les roues, zèbres bicolores, buffles placides, …, oiseaux, phœnix dont les ramages se rapportent magnifiquement à leurs plumages éclatants. Giani ! Quelle chance !
Arrivée au camp, de nuit, après une longue et éprouvante route. Très chouette le camp de toile, staff sympa, Hamisi toujours patient et disponible. Six ans que je n’avais plus posé le pied sur le sol tanzanien, la joie pure du paradis africain retrouvé emplit mon cerveau, mon corps. Je jubile intérieurement. J’aspire l’Afrique, radicalement.
Extinction des feux à 21 heures, derniers commentaires qui s’évanouissent sous les moustiquaires, dans le sommeil de deux touristes exténués qui n’ont tout de même pas oublié d’emporter leurs doudous respectifs, l’un, son panda roux à longue queue rayée, l’autre sa Parapryphe qui semble ravie du voyage puisque la lueur blanche de joie, brodée dans son œil, n’a pas pâli d’un pouce.
Samedi 1er mars 2025
Des animaux ! Des animaux ! Des animaux ! Et toujours la chaleur suffocante qui annonce la saison des pluies. Tiens, un léopard perché, quasi à califourchon, sur un baobab. Nous observons, à la jumelle, un guépard, sagement couché à l’ombre d’un buisson. Oh ! Les très jeunes éléphanteaux sous la puissante protection maternelle. Des mangoustes font leur cinéma au bord d’un trou d’eau, pirouettes, apparitions, disparitions, dressées agilement sur leurs pattes arrière, elles semblent nous interpeler. Le garçon, dont l’œil bleu azur saison sèche, scrute attentivement le petit spectacle animalier vivant, apprécie et s’agite dans le véhicule. Mamie ! Mamie !
Et puis, bien sûr, l’autre animal emblématique du Tarangire, celui que les couleurs sombres obnubilent, bleu marine et noir notamment, celui que nous tentons de chasser de nos mains agitées et furieuses, celui qui pousse aux jurons, pique les jambes enfantines nues, les bras tendus sur le volant. Je pulvérise du répulsif sur les peaux accessibles à la vorace, le répulsif numéro 1, sur la plus haute marche du podium pharmaceutique, mon œil ! Quel fiasco ! Qui peut donc résister à la mouche tsé-tsé, la suceuse d’hémoglobine fraîche ? Les ignobles nuées de piqueuses nous harcèlent de leur dard brûlant. Le Tarangire se mérite, il a sa Cerbère, bête noire (sens propre et figuré) de trois voyageurs déterminés. Ce n’est pourtant pas ce détestable insecte qui peut bousiller notre formidable journée de safari, riche de rencontres inopinées, carnassières, herbivores, ornithologiques, de rires, de questions, de cahots sous la roue, … Sans oublier la pause obligée devant l’honorable et imposant baobab dont l’énorme tronc creux attire les photographes du monde entier et donc, nous, ni celle non moins obligée en haut de la falaise qui surplombe la magnifique rivière Tarangire dans laquelle trompe un éléphant égaré.
Une Kilimanjaro fraîche m’attend au camp pour conclure cette journée africaine. Le footballeur en herbe fera quant à lui son apprentissage gustatif du jus de baobab.
Déjà trois jours ! Le temps file comme un soleil d’hiver pressé ou un dik-dik surpris …

-
-
2 semaines
Tagged"blog de retraitée", "Grain de sel", "Histoire d'une vie", guerre, littérature