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Go to Tanzania !

Jeudi 27 février 2025.

Chaos de valises dans la voiture 8 ! Des empilements de bagages contre les portes de la rame. Je réussis à caser la petite valise de Giani sur une pile instable au centre de notre voiture tandis que mon dressing à roulettes reste sur la plateforme d’accès aux sièges. J’adore ! Je vais adorer ce trajet en TGV … Première expérience ferroviaire pour mon petit enfant. Son œil, couleur eau vive printanière, scrute le paysage qui défile à grande vitesse. J’écris, il sort son carnet. Le carnet à couverture rigide et reliure fleurie, offert pour y consigner ses impressions puériles de voyageur novice.

A Marne-La-vallée, avec l’arrivée de nouveaux voyageurs, la pile de valises tient plus de la Tour de Pise que de l’empilement ordonné. Je surveille mon bagage, une chute inopinée sur le quai et c’est le cataclysme personnel. Les voyageurs anglophones, responsables involontaires de cette Tour branlante tentent l’organisation et le rangement des pavés à roulettes sur la gauche dans le sens de la marche, de mémoire, nous descendons à droite à Roissy. On se marre en anglais. Humour !

A l’aéroport, la descente, c’est bien à droite et mon petit garçon aux cheveux trop longs s’extrait du train le premier, sans chute ni encombre. Je le suis tout en enjambant sacs et valises, on rigole.

Nous poireautons en file indienne pour le drop off qui n’en est pas un puisque les boarding pass sont imprimés à nouveau, les nôtres, préalablement préparés avant le départ, vont végéter inutilement dans mon porte-carte. Encore deux heures à tuer avant le décollage et comme nous mourons de faim, pause sandwich au jambon pour l’affamé et wrap crudités, comme indiqué sur le rail de la vitrine, pour moi. Déterminée, j’attaque goulûment le casse-croûte. Giani me regarde, « Mamie, sur l’étiquette, c’est poulet, crudités ! ». Mon sang de navet de fait qu’un petit tour dans mes artères ! Damned ! Je manque de m’étrangler face à ce sortilège aéroportuaire. On en veut à ma philosophie et ma santé ! Mais, la faim est trop atroce, j’engloutis, rapidement et avec une certaine satisfaction coupable, l’outrage alimentaire. Et pour parfaire le tableau volailler, je caquette comme une imbécile.

– Mamie, l’avion !

– Cot, cot, cot, cot, …

– Mamie, c’est la queue pour monter dans l’avion !

– Cot, cot, cot, cot, cot, cot, cot, …

Giani sourit. J’ai bien conscience que mon niveau intellectuel baisse drastiquement avec l’âge … Cet improbable interlude carnivore va d’ailleurs s’incruster de manière définitive dans la mémoire de ma jeune descendance, comme un leitmotiv du voyage.

15C, 15B, mes places favorites, à l’avant de l’avion. Mon bambin découvre l’Airbus, un très gros et beau jouet, en somme. Son premier décollage ne semble ni le traumatiser ni l’impressionner.

Vendredi 28 février 2025.

Le jour 2 débute très classiquement (ou personnellement …) dans les toilettes de l’aéroport d’Addis Ababa, hub africain grandement modernisé puisque nous avons quitté l’avion par une passerelle et non en bus, comme lors de mes précédents vols.

Gate 8. Correspondance pour Kilimandjaro, décollage à 8.40. J’écris, je reformule les péripéties littéraires de mon voyage. Giani écrit, il transcrit ses pensées candides (ou pas …) de garçon qui va fêter ses 10 ans. Le voyage, c’est son cadeau pour une très prochaine décennie de terrien.

Nous nous sommes envolés dans un début de printemps hexagonal, nous atterrissons dans la chaleur suffocante de l’Afrique tropicale. Contraste.

Premier contact avec Hamisi, notre chauffeur guide, et je fonce vers le lieu d’aisance dédié aux activités émonctoires. Je me rends soudainement compte que mes émonctoires naturels occupent beaucoup (trop ?) de place dans mes productions scripturales. Est-ce le fruit pourri d’une dégénérescence corporelle ou plus logiquement intellectuelle (pipi-caca), la géronte que je deviens, comme le nouveau né, semblant obnubilée par ses organes. Quel programme !

Notre nouveau trio grimpe dans le 4×4 pour une nouvelle aventure africaine, initiatique pour un certain garçon, de toujours 9 ans.

Direction le parc du Tarangire ! Off we go !

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