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Bruxelles, en long, en large et parfois de travers

Lundi 27 janvier. Jour 1.

J’ouvre l’œil, j’entends du bruit à l’étage, Corinne est réveillée. J’attrape mon vieux smartphone. Mille sabords ! L’alarme n’a pas retenti à 6H ! Bond hors du lit, habillage express, doigts dans les cheveux, la journée démarre sur les chapeaux de roues. Petit déjeuner expédié, ultimes vérifications, sac à dos, de voyage, chaussures de marche direction l’arrêt de bus.

TGV 8440 pour Paris. Nous avons un soudain doute sur la réussite de la dématérialisation de notre carte avantage (l’âge possède de rares privilèges) et décidons tout de go que nous sortirons l’opinel (désormais, très en vogue dans nos contrées) si quelque contrôleur Bachi-bouzouk nous cherche chicane. Rires idiots de deux vieilles gamines ! Point de chicane.

Énervement devant l’automate à titres de transport francilien. Un doigt sur l’option ticket de l’écran et hop un pass Navigo dans le panier ! La préposée aux excités du matin, règle le problème d’un sourire professionnel. Quand on découvre que le synonyme de ticket est « autre », tout de même de quoi s’agacer.

Métro, ligne 4. Eurostar 9335 pour Bruxelles. A la frontière, Free se rappelle à nous. Les progrès technologiques nous décoiffent. Clic ! Clic ! Dans le 9335 qui file à toute vitesse, Paraphryge, voyageuse insolite, est immortalisée sur l’épaule de ma complice.

Nous posons le pied en terre de frites. Bruxelles ! A nous trois !

Tout commence par la visite de notre studio situé dans une vénérable bâtisse d’architecte, édifiée en 1874.

On poursuit par l’exposition Elliott ERWITT. Les toutous à leurs mémères ou pépères, les Anglais sur le vif, ou pas, l’humour photographique, l’ironie sociétale, on adore mais on flageole. Hypoglycémie. Vite ! De la nourriture ! Et, pour faire couler notre sandwich providentiel, on fonce vers une Jupiler, jaune paille, doucettement pétillante, belge. Boit-sans-soif !

Tiens ? Un attroupement à un carrefour piéton. Que regardent donc tous ces gens ? On se faufile. Il est là. Minuscule. Le si fameux Manneken-Pis. Bon. Vu. Clic ! Clic ! Paraphryge en majesté, accrochée à la grille de cette fontaine Canaille.

Plus tard, on piétine sur la magnifique Grand-Place bondée de touristes emmitouflés. On piétine dans les galeries Royales Saint Hubert, tout aussi bondées. Tous ces piétinements nous ramènent finalement au studio.

Canapé. Soirée débrief. Commémoration télévisuelle, grave, triste, en toile de fond. Jupiler. Etc …

Et pour finir, extinction des feux sur deux pyjamas, l’un à fleurs et jambes courtes, l’autre à pois et jambes longues.

Mardi 28 janvier. Jour 2.

Tonnerre de Brest ! Réveil contrarié dans le bruit des travaux du métro, là, juste sous nos hautes fenêtres, néo-renaissance flamandes.

Bon anniversaire Corinne ! Ma camarade de toujours ne semble pas particulièrement ravie de cette célébration. Et pour cause ! La roue, la roue, toujours la même, celle du sens unique de rotation … Corinne a 26 ans. Brusquement dyslexique, elle ment comme une arracheuse de dents.

Puis, marche dans le froid, têtes sous les bonnets, mains gantées dans les poches, nous avalons les pavés vers notre destination matinale, le musée Magritte, sans notice explicative. Scrutations réflexives, observations interrogatives, analyses dubitatives. Les œuvres énigmatiques malmènent notre raison. Le surréalisme, en somme.

Après l’intense moment culturel, la raison cartésienne nous conduit tout droit dans une brasserie d’un coin de la Grand-Place pour une bière de fût, bien réelle. Ma comparse scrute les couverts, les soupèse. Sont-ils en argent ? Coriiine, en ce cas, un portique de détection des métaux serait obligatoire à la porte ! Ricanements stupides de deux vieilles gamines.

Le déjeuner roboratif ingurgité, on poursuit vers le musée du chocolat. 14 euros, le ticket d’entrée ! Nous remarquons que la culture, ça se paie, cher. Corinne tente l’anniversaire et obtient 2 euros de réduction. Je tente l’étudiante, la caissière rigole, je paie plein tarif. Nous n’aurons donc rien appris de plus que ce que nous savions déjà, mais, nous avons tout de même pu suçoter, pendant le parcours de découverte, quelques pastilles cacaotées.

Soudain lasses, nous rentrons pour un long vautrement sur le canapé, cuir rouge bordeaux, une tasse de thé vert au jasmin aux lèvres. Nous poursuivons notre éducation bruxelloise sur tablette.

Après la pause néo-renaissance flamande, retour nocturne en centre ville pour admirer la Place, centrale à tous points de vue, illuminée sous le ciel, noir nuit de janvier. Magique ! Clic ! Clic ! Immortalisation du moment.

Puis, soirée au resto thaï en mode sourires épicés, et enfin, conclusion de la journée en compagnie du Pirate Jack Sparrow, soi-même, en héros du petit écran belge.

A suivre …

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