« After the Party »*
Mardi 14 juillet 2026.
… « C’est le quatorze juillet.
À pareil jour, sur la terre
La liberté s’éveillait
Et riait dans le tonnerre. » …**
Une pensée émue pour la fête de ma chère patrie. Imparfaite, injuste aussi, fragile, belle dans ses élans, unique dans sa diversité.
Mais bref. Je viens de visionner, en replay sur « Arte », la série néo-zélandaise « After the Party », version anglaise sous-titrée. Il est d’ailleurs préférable d’oublier les sous-titres pour se plonger totalement dans l’intrigue particulièrement réussie de cette fiction.
Penny, sans hasard professeure de son état, s’est battue, cinq ans auparavant, moment de la scène primitive constitutive de son combat acharné, contre son désormais ex-conjoint, Phil, sans hasard également professeur, qu’elle accuse de pédocriminalité, violemment et sans relâche, depuis l’ouverture inopinée d’une porte sur l’image obscène. Mon regard attentif, par écran interposé, a également assisté à l’ouverture de cette porte. Sur l’image, le doigt sur les lèvres, Phil intimant le silence à Penny, ne pas déranger l’ado qui cuve, nu, dans le lit conjugal sous la surveillance très rapprochée et « attendrie » de l’adulte. De facto, je suis complice involontaire ou témoin incrédule. Phil revient, après cinq ans d’absence, et Penny remonte le fil des événements, interpelle, recherche les protagonistes d’alors, veut démontrer à tout prix la dangerosité de Phil, lui interdire d’approcher les ados.
Par ailleurs, les engagements personnels de notre héroïne, parfois extrêmes sinon extrémistes, me poussent, en tant que spectatrice, au quasi doute quant à la légitimité de son combat car les images mettent habilement en scène une femme qui crie, hurle, trébuche, agace aussi, trahit son amie, semble se débattre vainement, se heurter quasi « hystériquement » à l’altérité sociale qui l’entoure.
Le doigt sur les lèvres est le doute. Le doute est le poison.
La parole, l’accusation ultime, abîment durablement les relations intra-familiales et amicales et chacun est quasi sommé de choisir son camp. La tension psychologique est élevée et pesante. Seul, l’océan, dans ses reflux visuels, semble apporter un peu de paix à cette fiction sous haute tension.
Dans des flash-back incessants, du retour assumé du pédocriminel en puissance ou de l’innocent bafoué à la genèse de l’accusation, Penny s’emploie désespérément à rassembler le puzzle des bribes de souvenirs, preuves de son intime et profonde conviction.
Mais, Penny s’est trompée. Depuis le début, elle se trompe. Elle n’a pas su voir l’invisible et l’indicible, là, sous ses yeux.
Et je suis profondément déçue par la fin du récit. Déçue, car le secret va encore une fois l’emporter … Le pacte de silence imposé, insensé et incompréhensible bien que parfaitement compréhensible, annihile, en une complicité assumée, cinq ans de combat pour la vérité. Penny s’est trompée. Penny s’est reniée.
J’assiste, en une sorte d’incrédulité intellectuelle et morale, au naufrage de l’idéal de justice d’une femme brisée et seule, une dernière image de reflux océanique n’apaisant aucune froide réalité.
*After the Party », série. Réalisation, Peter Salmon. Nouvelle-Zélande Australie. 2023.
** « Célébration du 14 juillet dans la forêt », extrait. Poème de Victor Hugo. 1865.

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