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Samedi 25 avril 2026.

Le départ s’est finalement conclu par une course effrénée sur le tarmac de l’aéroport de Bordeaux Mérignac !

La journée avait commencé par un premier coup de stress matinal à 8 h 15. Le stress, mon compagnon inutile mais d’une fidélité absolue. La valise est enfin cadenassée. Ne reste plus qu’à glisser le boîtier à lunettes de vue dans le sac à dos. Bus à 9 H 09 pour rejoindre la gare de Poitiers et ma camarade de voyage.

Le téléphone sonne inopinément, Corinne ? Dans la toute petite pièce idoine, je méditais sur le trône non chérifien, blanc, pas celui de mon narcissisme mais celui de mes « névroses », qui semble-t-il se soignent. Cette angoisse non consciente du franchissement de la porte de mon territoire intime et protecteur, du dedans vers le dehors, du connu vers l’inconnu, du sûr vers l’incertain, qui vrille invariablement les circonvolutions de mon deuxième cerveau. Ma santé mentale mérite-t-elle un billet de blog ? Plutôt une thérapie cognitive et comportementale qui, selon Corinne, est indispensable et parfaitement adaptée à mon cas, grave, énervant, très énervant, mais non désespéré …

Après ce nécessaire interlude organique, j’attrape le téléphone, au bout du fil, ma bientôt pilote de course (suite au prochain épisode …) automobile marocaine. Elle en est sûre, mon horaire de bus est erroné, passage à 9 h 05 et non 9 h 09. Tout à fait le genre d’information déclencheur instantané de cacophonie cérébrale et émotionnelle. Mon sang ne fait qu’un tour dans mes circuits rouges, je calcule le temps nécessaire pour rejoindre la gare. Ruée sur l’ordinateur, nouveau calcul du temps qu’il me reste avant le prochain passage de bus, vérification, horaires, arrêt, ouf, 9 h 09 est bien le bon horaire, indiqué noir sur rose sur la fiche en ligne.

Je quitte donc le « Heimat » à la bonne heure mais non incognito, le bruit horripilant des roues de la valise sur le bitume matinal, héraut de mon départ, interdisant tout « en catimini ». Ligne 13, arrêt gare Grand Cerf. Rendez-vous avec la deuxième voyageuse. Train pour Bordeaux, tram, aéroport.

Nous buvons ensuite « religieusement » une dernière blonde mousseuse, comme le feraient peut-être deux condamnées au sevrage, pensant, rétrospectivement à tort, devoir observer une diète exclusive de thé à la menthe pendant les deux prochaines semaines.

Plus tard, installées près de la porte d’embarquement, nous bavardons. A notre droite, la file des passagers qui prennent le même vol que nous. Nous bavardons. La file se raccourcit au rythme des passages à la police des frontières. Nous bavardons. Soudain, au micro, la suavité d’une voix féminine « Last call for Essaouira ! ». Nous sautons sur nos pieds, cessons tout babillage et nous précipitons vers la porte d’embarquement, nous ne sommes pourtant pas les dernières. Vérification expresse des passeports, et des boarding pass, sortie affolée sur le tarmac. Je suis d’abord comme aveuglée par le orange bas coûts puis aperçois les derniers passagers sur la passerelle, je cours, passeport et carte d’embarquement en main. Corinne, derrière moi, prend le temps d’immortaliser la scène. Je cours, tu cours, nous courons. Nous rions tout en courant et en pensant quand même un peu aux malheureux passagers laissés pour compte sur un autre tarmac par une autre compagnie low cost. Le cas échéant, Bordeaux la magnifique mérite sans doute une visite approfondie, comme dans une éventuelle perspective consolatrice. Cette pensée motive notre rythme de course un brin puéril sinon ridicule. J’atteins la passerelle, il reste trois personnes derrière nous. Je grimpe en m’agrippant à la rambarde. Je grimpe, tu grimpes, nous grimpons. Ouf, l’avion décollera avec nous.

* J’espère que G..gle ne trahit pas la traduction …

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