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Le stage

Me voilà, depuis ce matin, en stage « sculptures animées », proposé par l’école des Beaux-Arts de Grand Poitiers, et, conduit par la très sympathique artiste, Marine ANTONY.

En consultant le parcours artistique de notre maîtresse de stage, je présageais que la définition de sculpture serait sans doute réinterprétée avec modernité. Je ne me suis pas trompée. L’introduction du stage, sous forme d’une très brève histoire des arts cinétiques et autres objets comportementaux, suscite en mon for intérieur, des pensées intellectuelles, quasi cosmiques.

Il suffit de jeter un coup d’oeil ( non, cela risque de ne pas suffire …) aux recherches de l’EnsadLab, de se pencher sur l’oeuvre de Robert BREER, de réfléchir (tout au moins tenter …) au travail de Dominique PEYSSON ou bien à celui d’Antoine SCHMITT, pour se rendre à l’évidence, comprendre et apprécier cet art ultracontemporain ou l’électronique devient parfois médium, demande une sacrée dose de modernité et peut-être même d’humour.

Alien n’est pas loin ! Et, « en même temps » (désolée pour la contrefaçon expressive …),les potentialités de l’IA me rendent déjà folle …

Alors, le petit groupe de stagiaires, et moi, et moi, et moi, allons donc nous plonger dans les expérimentations et installations plus que sculptures, artistiques.

Je suis devant ma page blanche, je réfléchis à mon projet. Le temps passe. Le blanc est toujours blanc. La page est toujours la page (je me demande si je ne suis pas en train d’écrire une installation littéraire …). « Elève motivée, qui fait des efforts ». Je pense à cette appréciation professorale si courue sur les lignes des cahiers et autre LSU (livret scolaire unique). Je l’ai, sans aucun doute possible et malheureusement, moi-même, déjà utilisée. Ne vous y trompez pas, chers parents, la traduction en langage intelligible est : « Bien gentille mais ne comprend rien ». C’est moi, ce matin.

Pause déjeuner. Les nouilles au gingembre ont provoqué la miraculeuse étincelle dans ma pauvre et ringarde cervelle. Eurêka !

Mes camarades s’affairent, je m’active. Mes camarades cherchent, je trouve. Mes camarades prennent l’air, je prends mes marques. Mon installation est prête pour l’électrocution. Et soudain, la magie opère. Ma particule de polystyrène de calage, embrochée sur un muscle électrique (non, ce n’est pas de la science-fiction) et galvanisée par le courant alternatif qui agite ledit muscle, bouge, oui, bouge, se déplace, même. Absolument incroyable ! L’espèce de tube de tissu ajouré d’une camarade se tord sous les impulsions électriques, tel un gros ver agonisant (beurk …) tandis que les fruits de la lunaire d’une autre stagiaire ondulent, poétiquement, sur leur fond noir.

J’ai compris ! J’ai compris ! L’objet comportemental.

Mort d'un Russe

2024-02-16

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