Billets

« Du temps que … »

Mardi 20 janvier 2026.

Puisque la montagne ne vient pas à moi, j’irai à la montagne, devise provisoirement faite mienne depuis que je suis devenue la femme qui marche. Beaucoup.

Les ateliers d’écriture me manquent, ce mardi matin de bulle intellectuelle productive, de ratures, d’effacements délibérés, de débuts enjoués, de trouvailles poétiques …

Mais je ne me décourage pas et, ce matin, je me mets à l’écriture du jour dont la consigne est transmise via l’application bénie des absent(e)s

On part d’une phrase de Henri Michaux, extraite de « Poteaux d’angle » :
« Du temps que nous étions entre fourmis ».
Il s’agit simplement d’écrire la suite et d’aller fouiller dans les anciennes propositions pour fabriquer un texte-patchwork en terme de formes.
Commencer en prose, glisser un peu de dialogue, un bout de sonnet, un fragment de pantoum, un haïku… insérer pubs et slogans, bref aller piocher pour créer des effets de variations.

« Du temps que nous étions entre fourmis »,

industrieusement et continuellement affairées,

sur le dos complice de nos jeunes suceurs

du sang printanier, sucré, transparent, vivifiant et précieux,

ELLE n’existait pas dans nos cerveaux pavloviens quasi vides,

hormis de réseaux inouïs de mémoires ancestrales.

Nous filions, vite, en lignes indiennes parfaites, couleur éclipse,

à l’assaut de ces colonnes, érigées en corps végétaux,

tendant vers un ciel d’appartenance totale.

Soudain, Nous avons su les secousses telluriques

chacun de SES pas, pourtant légers à ses congénères,

arpentant notre territoire déjà menacé.

Sous les très jeunes ombrelles vertes impuissantes,

dans cette étrange guerre d’espèces, à mort,

nos antennes folles, nos pattes pressées,

nos mandibules en avant-garde inutile,

nos segments corporels vitaux, de peur chimique agités,

constituaient une scène primale de cinéma muet undercranked.

Puis, ELLE était là, entourant de ses mains assassines

notre contrée auparavant vierge d’odeurs intruses,

inconnues de notre embranchement arthropoda,

violant déjà l’immobile quiétude de nos mielleux esclaves,

agitant déjà victorieusement son arme, à texture insolite.

« Du temps que nous étions entre fourmis », existentiellement entre.

A moi ! La guerre est déclarée

Quoi ?! Les bestioles sur mon poirier

Traitement de choc vils suceurs

Quoi ?! Les bestioles sur mon pommier

Quoi ?! Les bestioles sur mon poirier

Fourmis satanées, A l’assaut

Quoi ?! Les bestioles sur mon pommier

De miel affamées qu’elles gisent donc

Fourmis satanées, A l’assaut

Pschitt ! Pschitt ! Oh rage, oh macérat

De miel affamées qu’elles gisent donc

Ah ! Tout l’amour que j’ai pour toi

Pschitt ! Pschitt ! Oh rage, oh macérat

Quoi ?! Les bestioles sur mon poirier

Ah ! Tout l’amour que j’ai pour toi

Crime liquide, oh macérat

En sève aspirant

A divers traits vaporise

Les fourmis adieu

JUSTE LE FAIRE …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En savoir plus sur Radiée des cadres, et après ?

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture