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Go to Tanzania, suite

Dimanche 2 mars 2025.

Changement de paysage. Piste blanche et poussiéreuse vers les marais du sud du Tarangire. Toit et vitres fermés, on ne nous la fait pas ! Les furieuses piqueuses, en manque de sang, se cognent contre la frontière de verre, solide alliée des deux touristes, Mamie et son petit-fils. Nous avons élaboré notre tactique de défense la veille, lors du dîner. Nuées noires, 4×4 hermétiquement clos ou presque. Giani extermine de la main contre la vitre, une imprudente intruse. Non mais ! Un guépard, encore, attend des heures moins chaudes à l’ombre d’un acacia. Mon petit garçon complète sa liste du jour, elle s’allonge au gré de nos nombreuses rencontres animalières.

Le long du marais, nous croisons des familles d’éléphants en quête d’eau et de boue. Les très jeunes pachydermes en devenir, sous la trompe ou la défense maternelle, pataugent et se roulent dans des bains bruyants improvisés, puis les groupes se rassemblent dans l’ombre bienfaitrice de grands acacias dont la blanche floraison ponctue le paysage, dans une chaleur écrasante. Beau et attendrissant.

Lundi 3 mars 2025.

Nous quittons, presque à regret, le Tarangire. Hamisi n’est pas mécontent de laisser les mouches derrière nous, dans leur étouffant biotope. Nous décidons de les narguer une derrière fois derrière nos vitres remontées. Le soleil se lève, le 4×4 avale la poussière de la piste. Giani à droite, moi à gauche, nous scrutons les hautes herbes. Nous stoppons en bord de piste devant une termitière et un couple de Barbicans à tête rouge qui joue un ballet de becs, d’ailes et de pattes, autour du trou béant, en haut de la tour de terre fraîche, pour en extraire les insectes blanchâtres, visiblement à leur goût. Absorbés par ce spectacle coloré, nous n’avons pas prêté attention à une famille d’éléphants qui traverse la piste juste devant le capot. Je tourne la tête un instant, il est là, inhabituellement immobile, sans balancement de trompe, au beau milieu de la piste, face à nous. Pas un frémissement de peau rugueuse, ni un seul battement de cils sur son œil qui nous fixe. Je comprends. L’imposant pachyderme nous défie. « Hamisi, je pense qu’une marche arrière s’impose urgemment ! » Notre chauffeur examine la statue sur pattes et enclenche la marche arrière. Reculade dans le vrombissement du moteur, deux touristes accrochés aux poignées du quatre roues motrices. Trois cents mètres moins loin, attente. Attente. Giani ne fait pas le malin … Les arbres nous cachent le virage et la bête à trompe. Puis, le nerveux pachyderme emboîte enfin la patte à la troupe qui s’éloigne sur notre droite entre les arbustes.

Avanti !

La route pour Ndutu est longue, ponctuée entre autres de deux pauses panne du bouchon de radiateur, l’une pour étancher la soif de la bête mécanique, l’autre pour rafistoler ledit bouchon dans un lieu dont le nom est garage. Durant l’intermède réparation africaine, nous avons droit à un prêche chrétien mégaphonique. Giani me regarde. Je regarde Giani. C’est l’aventure, calculée … Arrêt devant le point de vue ultra touristique de la Caldeira du Ngorongoro, clic, clic. Traversée du pays Maasaï, clic, clic, porte du Serengeti, clic, clic.

Enfin, après une journée de trajet, nous rejoignons, pour quatre nuits, le deuxième camp de notre séjour.

Dîner, chants à refrains, danses rythmées, nuit bien méritée.

Mardi 4 mars 2025.

Personne n’est obligé de croire ce qui suit.

Girafes élancées, gnous et zèbres dans un duo immuable, gazelles de Grant magnifiquement cornues, troupeaux d’Impalas bondissants, éléphants placides, rolliers perchés, tortue lentement pressée, onze lionnes alanguies ou joueuses, un lion en quête de son harem, une femelle guépard et son petit à l’affût, trois jeunes guépards aux gueules rougies, au repos après un probable festin carné, marabouts au long bec, aigles majestueux … Absolument incroyable ! J’ai une expérience solide des safaris en Afrique de l’Est ou Australe, pourtant, ce voyage me surprend par l’abondance de la faune observée. Un régal visuel.

La liste du garçon s’enrichit quotidiennement et rapidement dans le carnet du voyage initiatique. Sous la moustiquaire, nos commentaires d’avant sommeil vont bon train …

Quelle journée ! Que de carnassiers !

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